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Foie gras Labeyrie : 16 M€ pour lutter contre l’influenza aviaire

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Le numéro un du foie gras, Labeyrie, s’engage à acheter plus cher les foies gras aux coopérateurs de Lur Berri afin de les soutenir dans la mise aux normes des infrastructures d’élevage et de gavage.

Labeyrie, en tant que numéro un des ventes de foie gras en GMS en France, veut apporter sa pierre à la bataille engagée pour lutter contre l’influenza aviaire. À l’heure où les élevages de canards redémarrent et les industriels se préparent à rouvrir leurs usines à partir de la fin août, Labeyrie a indiqué, le 30 juin, qu’il mobilisait une enveloppe de 16 millions d’euros en faveur des éleveurs. Non pas sous forme d’une aide directe aux exploitants agricoles, mais sous forme d’une amélioration du prix d’achat des foies gras.

« Cette année, les foies seront payés 15 % plus cher aux éleveurs afin de soutenir ces derniers dans leurs efforts d’adaptation aux nouvelles normes de production », a indiqué Emmanuel Chardat, directeur industriel des produits du terroir, à l’occasion d’une rencontre avec la presse spécialisée le 30 juin. Cette « prime » est versée aux éleveurs adhérents de la coopérative Lur Berri (86 % du capital de Labeyrie Fine Foods sont répartis entre PAI Partners et Lur Berri) et principaux fournisseurs de matière première du transformateur.

Des bâtiments plus performants

Alors que la profession élabore des solutions pour lutter contre l’influenza aviaire, Lur Berri a mis au point un référentiel interne appelé Armonia 5S englobant l’ensemble de la problématique liée à l’influenza aviaire, portant sur la sécurité sanitaire, les systèmes innovants, la simplicité du travail, les sources de revenus et la responsabilité sociétale. « Les adhérents qui adoptent les exigences d’Armonia 5S bénéficient de l’appui financier de Lur Berri et de Labeyrie qui ont négocié auprès de partenaires bancaires des prêts pouvant couvrir 30 % de l’investissement », souligne Emmanuel Chardat.

Pour chaque bâtiment Armonia 5S, en moyenne de 600 m2, le coût est d’environ 150 000 euros pour l’éleveur. Il doit en outre s’adapter à des volumes de production plus limités. La densité de canards a par exemple baissé de 10 animaux au m2 à 7,5 aujourd’hui. Vingt-neuf bâtiments de nouvelle génération ont été réalisés à la fin juin, et la coopérative souhaite arriver à 110 bâtiments d’ici fin 2018, et 100 % des éleveurs en 2019.

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Autre initiative pour limiter la propagation d’une éventuelle épizootie : réduire les distances parcourues par les transports d’animaux de l’élevage au gavage, de 68 km à 38 km en moyenne. Et inciter les coopérateurs à assurer l’élevage et le gavage sur un même lieu. Objectif affiché : 20 à 30 % des adhérents se livrant aux deux activités d’ici 2019.

Conséquences sur la production et les salariés

Les deux vagues de crise d’influenza aviaire ont des conséquences sur l’ensemble de la filière du canard gras. La coopérative compte actuellement 250 producteurs (éleveurs et/ou gaveurs) travaillant avec Labeyrie. Ses responsables se rassurent sur l’attractivité du métier en déclarant avoir installé 37 producteurs en plus cette année. Mais la production sera clairement en retrait avec un volume de matière première en recul de 25 % en 2017 par rapport à 2016.

Les conséquences se font aussi sentir à l'aval. Sur le site d’abattage et de transformation de Came (Pyrénées-Atlantiques), 250 salariés ont été placés en activité partielle depuis le 26 avril, et 100 à 150 sur le site de Saint-Geours-de-Maremne (Landes), soit davantage qu’en 2016. Labeyrie assure toutefois avoir proposé des solutions individualisées telles qu’un emploi sur un autre site interne, une formation ou un détachement chez un autre industriel. L’enjeu pour Labeyrie est d’arriver à rassurer ses salariés sur la pérennité de l’activité afin d’éviter qu’ils ne s’orientent vers d’autres secteurs.