International, transversalité et recentrage sur les produits du terroir et de la mer, telle est la feuille de route de Frédérick Bouisset qui a pris les commandes de Labeyrie Fine Foods il y a 16 mois. Avec en ligne de mire un objectif clair : faire fortement progresser les ventes dans les trois prochaines années, en ayant recours notamment aux acquisitions en France comme à l’international, notamment aux États-Unis.
Au début des années 2000, Frédérick Bouisset était chez Fleury Michon : en charge du traiteur, puis directeur général adjoint et enfin président du directoire au moment de l’entrée en Bourse… Une expérience qui n’a pas dû échapper aux actionnaires de Labeyrie Fine Foods (LFF), le fonds PAI et la coopérative Lur Berri, lorsqu’ils ont recruté Frédérick Bouisset il y a 16 mois pour prendre la succession de Xavier Govare à la tête de LFF. Les actionnaires ne font pas mystère, depuis plusieurs années, d’un projet d’introduction en Bourse. L’idée est toujours d’actualité, surtout du côté de PAI, mais aucune échéance n’est dévoilée aujourd’hui. En janvier 2017, le groupe avait confirmé son projet d’introduction en Bourse d’ici à deux ans, soit en 2019 (Agra Alimentation du 5 janvier 2017).
En attendant, le président de LFF déroule son plan d’action qui doit aboutir à une forte hausse du chiffre d’affaires dans les trois prochaines années, en multipliant les acquisitions. Au 30 juin 2018, celui-ci a atteint 1,047 milliard d’euros, en léger recul par rapport à 2016/2017. « Nous allons poursuivre nos acquisitions en ciblant des entreprises qui réalisent au moins 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel », explique Frédérick Bouisset. « On peut aller jusqu’à 200 ou 300 millions d’euros, mais c’est vraiment un maximum au regard de nos ressources financières », poursuit-il. Trois zones sont privilégiées : l’Europe, les États-Unis et la Chine, où LFF a, à chaque fois, une dizaine de cibles dans le viseur. « Les États-Unis représentent un potentiel très important pour nos produits », affirme le dirigeant qui a passé onze ans à New York, pour Lactalis et Savencia. Même si ce marché est très complexe à aborder en raison d’un grand nombre de fonds en présence. En termes de produits, Frédérick Bouisset vise « une société positionnée sur les produits de la mer, idéalement avec une marque premium en GMS ». Quant à la Chine, un marché perçu comme « en ébullition, compliqué » et dans lequel « on peut perdre des plumes », LFF ne se voit pas investir dans les élevages comme Euralis l’a fait.
Recentrage sur les produits emblématiques
Les produits de la mer, avec les produits du terroir et l’apéritif, sont désormais le point de recentrage de l’activité de LFF. « Nous nous concentrons sur ces catégories pour atteindre notre objectif de devenir le leader mondial du premium et du trendy foods », affirme Frederick Bouisset, qui réorganise peu à peu des activités dans ce sens. La vente de LTS (surgelés) à Ajinomoto a été finalisée en novembre 2017, et les kiosques ouverts en grandes surfaces (sous le nom Maison St Geours) ont été cédés. Des cessions, ou des fermetures de sites, ne sont d’ailleurs pas à exclure si le besoin s’en faisait sentir. « Nous avons mis en place un benchmark des sites de production que nous avons en France et à l’étranger afin de mieux échanger et de trouver des solutions en interne à des questions sur, par exemple, la production ou les économies d’énergie », explique Frédérick Bouisset. Cette mise en comparaison s’inscrit dans le plan d’économies interne qui vise à gagner 20 millions d’euros sur les achats, les usines, la logistique et qualité et le R&D.
Cette année, deux acquisitions ont permis de renforcer les produits du terroir et de la mer. L’éleveur-abatteur de canards Maison Alain François, une marque orientée vers la restauration, où LFF était peu présent. Avec un intérêt supplémentaire d’être localisé dans l’Ouest (Loire-Atlantique), et non dans le Sud-Ouest, victime depuis ces dernières années de plusieurs vagues d’influenza aviaire. « Cela nous donne un bassin de production alternatif au Sud-Ouest qui nous permet de continuer à exporter même si le Sud-Ouest est à nouveau touché par une épizootie », souligne le dirigeant. L’entreprise réalise 29 millions d’euros de chiffre d’affaires (850 000 canards) et bénéficie d’un investissement de 3 millions d’euros afin de hisser son site de production à un niveau de sécurité sanitaire identique aux autres sites de LFF. Autre acquisition en 2018 : l’espagnol Grupo Piszolla, via la co-entreprise Aqualande, qui permet de renforcer la production de truite avec 4 500 tonnes par an et 14 millions d’euros de ventes annuelles.
Une nouvelle organisation
Pour mener à bien son business plan, le patron de LFF a surtout réorganisé l’entreprise en créant 4 business units : Premium Trendy Foods (26 % du chiffre d’affaires), Marée et métiers (13 % du chiffre d’affaires), Marchés spécialisés (RHF, bio, MDD, freezer centers, 13 % du chiffre d’affaires) et International (40 % du chiffre d’affaires) (1). Avec à la clé de nouvelles têtes ou de nouvelles attributions (voir encadré).
Avec des capacités de production renforcées, et un portefeuille de produits étoffé, LFF va développer ses ventes internationales. Elles représentent aujourd’hui 40 % du chiffre d’affaires, mais l’objectif est fixé désormais à 50 %, sans délaisser d’Europe, et en mettant l’accent sur le grand export, qui ne représente que 5 % des ventes chaque année. « En 2019, nous devrions installer notre premier kiosque à Roissy, et nous visons 40 points de vente dans les aéroports partout dans le monde d’ici deux ans », explique Frédérick Bouisset. LFF va ainsi répondre à un enjeu d’image, améliorer sa notoriété et sa visibilité en s’installant dans ces zones de flux. Une façon parmi d’autres de renforcer la dimension internationale de la marque Labeyrie.
Autour de Frédérick Bouisset, une équipe au complet
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L’équipe de Frédérick Bouisset, président de Labeyrie Fine Foods :
– Directeur de opérations : Thierry Guguen
– DAF : Steve Lawson
– DRH : Christiophe de Lagoutine
– BU Premium Trendy Foods : Pierre-Yves Ballif, président, Jacques Trottier, DG
– BU Marée et métier : Philippe Darthenucq, président (administrateur Aqualande)
– BU Marchés spécialisés : Jean-Claude Hernandez, DG
– BU Marée et métiers : Stanilas Giraud, DG
– BU International : Craig Walker, DG