Abonné

L’abondance planche sur son cahier des charges

- - 3 min

Le syndicat du fromage abondance entend déposer une demande de modification d’ici la fin de l’année, portant surtout sur l’alimentation des vaches. La production progresse régulièrement, mais la préservation de la race abondance et l’attractivité du métier sont des sujets de préoccupation.

Trente-cinq ans après l’obtention de leur appellation d’origine protégée (AOP), les producteurs savoyards d’abondance souhaitent adapter leurs obligations réglementaires. « Une réflexion est menée actuellement en vue d’une modification de notre cahier de charges », indique Joël Vindret, directeur du Syndicat interprofessionnel du fromage abondance AOP (Sifa), reconnu comme Organisme de défense et de gestion (ODG). Cette demande de modification pourrait être soumise à l’Inao « en fin d’année 2025 », précise-t-il. Plusieurs points sont en discussion, notamment en ce qui concerne l’alimentation des vaches. Par exemple, le Sifa demande à introduire le sainfoin déshydraté pour les vaches et la paille pour les génisses. La durée minimale de pâturage fixée à 150 jours par an dans le cahier des charges actuel ne serait pas modifiée, même si des demandes de dérogations ont été accordées en 2018 et 2022 pour cause de sécheresse.

En parallèle de cette demande, le Sifa anticipe les évolutions à venir en s’étant doté en mars 2025 d’un plan stratégique à horizon 2030. Deux sujets de préoccupation sont notamment pris en compte : l’érosion du cheptel de vaches de la race abondance et la future baisse du nombre d’éleveurs et de transformateurs.

Production record en 2024

La production est en hausse régulière depuis plusieurs années pour cette filière qui regroupe 168 producteurs de lait. L’année 2024 a même été une année record en termes de volume de fromage abondance produit, à 3624 tonnes, en hausse de 7 % par rapport à 2023 ; 36 millions de litres de lait ont été transformés, « volume le plus haut jamais atteint », indique le Sifa. Les fabrications progressent de 4,5 % et les ventes de 3,8 %, à 46,5 M€. Cette production élevée s’explique en partie « la réouverture d’un atelier à Groisy et l’arbitrage des producteurs de lait entre le reblochon et l’abondance, au profit de ce dernier », selon Joël Vindret. Le reblochon est une filière mature pour ce qui est des volumes alors que l’abondance est en progression constante depuis ces dernières années.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Sans être encore en mesure de dévoiler les données de 2025, Joël Vindret anticipe une production qui atteindra « au moins le même tonnage qu’en 2024, peut-être en légère hausse », grâce à l’absence de sécheresse, un volume de fourrage satisfaisant et pas d’impact de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) sur le cheptel puisque l’aire géographique de l’abondance n’a pas connu d’abattages, ni sur la consommation avec des clients qui sont toujours au rendez-vous.

CB

Erosion du cheptel abondance, du nombre d’éleveurs et de transformateurs