La préfecture du Lot-et-Garonne, ciblée par la Coordination rurale lors du conflit agricole, ne portera pas plainte et annonce la prochaine « mise en conformité » d’une retenue d’eau construite illégalement par le syndicat il y a cinq ans. « Les dégâts, s’il y en a, ne sont pas significatifs. Aucun agent public n’a été malmené. La ligne rouge n’a donc pas été franchie », a déclaré le 13 février le préfet Daniel Barnier devant la presse locale, qui l’interrogeait sur la facture de nettoyage de 400 000 euros occasionnée à Agen par les déversements de lisier, pneus et autres déchets par la CR47.
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Le préfet propose aussi de régulariser la situation du lac de Caussade. Cette retenue agricole, pouvant stocker 920 000 m3 d’eau, a été creusée à l’hiver 2018-2019 par la Chambre d’agriculture, malgré l’annulation d’un arrêté préfectoral autorisant les travaux après intervention de deux ministères (Transition écologique et Agriculture). En 2021, la justice administrative a confirmé l’illégalité de l’ouvrage, destiné notamment à l’irrigation, sans ordonner la remise en état du site. Deux dirigeants de la Chambre d’agriculture, dont son président Serge Bousquet-Cassagne, ont été condamnés à de la prison avec sursis en 2022. « Le lac existe depuis cinq ans. Il est inscrit dans le paysage et a montré son utilité lors des périodes de sécheresse. C’est un ouvrage qui reste illégal. Mon sujet est d’aller vers une mise en conformité », a déclaré le préfet selon le journal Sud Ouest. « Si tout le monde joue le jeu, une mise en conformité juridique du lac pourrait être actée en 2025. J’ai le feu vert du ministère », a-t-il ajouté.