Neuf et huit mois de prison ferme ont été requis le 28 octobre contre deux élus de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne jugés en appel à Agen pour avoir fait creuser illégalement en 2019 le « lac de Caussade », une retenue d’eau pour l’irrigation. Ces réquisitions correspondent aux peines respectivement infligées à Serge Bousquet-Cassagne et Patrick Franken, président et vice-président de la chambre, par le tribunal correctionnel d’Agen en juillet 2020. Le délibéré a été fixé au 17 décembre.
Quelque 800 personnes – selon la police – s’étaient rassemblées dans le calme devant le Palais de justice d’Agen. Casquettes et t-shirts jaunes aux couleurs de la Coordination rurale (CR 47), des agriculteurs étaient accompagnés d’une vingtaine d’élus de toutes tendances.
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Contestée par des associations environnementales, cette retenue d’eau donne lieu à une saga judiciaire depuis l’annulation fin 2018 d’un arrêté préfectoral autorisant initialement les travaux. « Cet arrêté a été cassé pour raisons politiques », a estimé M. Bousquet-Cassagne le 28 octobre à l’audience. En première instance, les peines de MM. Bousquet-Cassagne et Franken avaient été assorties de la révocation d’un sursis, respectivement de 4 et 14 mois, attaché à une condamnation ultérieure. Ils avaient aussi été condamnés chacun à une amende de 7 000 € et la chambre d’agriculture à 40 000 €, dont 20 000 avec sursis. Le 28 octobre, l’avocat général a demandé des amendes de même ampleur, mais une révocation de sursis qui « ne soit pas aussi importante ».
En première instance, les juges n’avaient pas ordonné la remise en état du site. En février, la cour administrative d’appel de Bordeaux n’avait pas non plus suivi cette voie. « Si quelqu’un décide de toucher [au lac de Caussade], les paysans du Lot-et-Garonne ne se laisseront pas faire », a prévenu cette année M. Bousquet-Cassagne.