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Inde/distribution L’accès de la grande distribution au marché indien provoque une crise politique

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La décision du gouvernement indien d’autoriser les capitaux étrangers à investir dans la distribution indienne a provoqué de vives réactions de plusieurs partis politiques. Ils estiment que cette mesure va mettre en danger le petit commerce de détail local ainsi que les fournisseurs nationaux. Le pays s’oriente vers une longue crise politique

Le parti d’opposition Bharatiya Janata Party (BJP), rejoint par les partis de gauche mais également l’United Progressive Alliance (UPA) ainsi que deux partis alliés du gouvernement (Trinamool Congress et DMK) bloquent depuis le 24 novembre tous les travaux parlementaires des deux chambres (Chambre des Etats et Conseil du peuple) et ont annoncé, mercredi 1er décembre leur intention de poursuivre leur mouvement. Les élus entendent protester contre la décision annoncée, le 24 novembre, par le gouvernement indien d’autoriser les capitaux étrangers à détenir jusqu’à 51 % dans les enseignes de distribution multimarques et 100 % dans celles mono-marques. Une réunion de conciliation avec le ministre des Finances, tenue le 30 novembre, s’est soldée par un échec.

Des garde fous jugés insuffisants
Le gouvernement avait pourtant mis un certain nombre de réserves pour l’accès des grandes enseignes étrangères, telles Wal Mart, Tesco, Carrefour ou Casino. Il imposait notamment pour les investisseurs dans la distribution multi-produits, d’apporter au minimum 100 millions de dollars. En outre, 50 % des investissements devront aller aux infrastructures amont (transformation, distribution, contrôle qualité, emballage, stockage, logistique), 30 % des produits vendus devront avoir été acquis auprès de PME locales, dont le chiffre d’affaires n’excèderait pas 1million de dollars. Les magasins ne pourraient s’implanter que dans les villes de plus de 1 million d’habitants ou dans un rayon de 10 kilomètres autour (53 villes actuellement, représentant 42 % de la population urbaine). Pour le gouvernement, l’arrivée de grands groupes serait un moyen de faire baisser les prix de l’alimentation qui connaissent une croissance annuelle aux alentours de 10 %. Il escompte également un effet bénéfique pour la distribution alimentaire, car ces apports de fonds étrangers permettront d’investir dans toute la logistique après récolte et notamment la chaîne du froid. Cela éviterait le gaspillage sur les denrées alimentaires et offrirait aux consommateurs des produits de meilleure qualité, à des prix plus abordables. Des mesures complémentaires seront prises pour protéger les petits commerces existant, menacés par l’arrivée de ces mastodontes étrangers. Malgré cela, l’opposition a clairement fait savoir qu’elle bloquerait toute l’activité parlementaire tant que le gouvernement maintiendrait son projet.

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