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Syndicalisme L’accord conclu avec Bigard déçoit les éleveurs, selon les syndicats minoritaires

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L’accord entre la FNSEA, syndicat majoritaire, et le groupe Bigard pour une hausse de 0,05€/kg carcasse, au lieu des 0,6€/kg réclamés, ne satisfait pas les éleveurs, selon les syndicats minoritaires.

«La déception des éleveurs présents aux différents blocages était lisible sur leur visage, accompagnée d’un sentiment de colère tellement la certitude de s’être fait gruger par leurs représentants était évidente. » C’est en ces mots que la Confédération nationale des syndicats d’exploitants familiaux (Modef) s’est exprimée, dans un communiqué de presse du 15 novembre, à propos de l’accord du 10 novembre entre la FNSEA, la Fédération nationale bovine (FNB) et le groupe Bigard. Du 7 au 12 novembre, neuf abattoirs du groupe Bigard avaient été effectivement paralysés par des éleveurs de viande bovine. Ils réclamaient une revalorisation des prix à la production (+ 0,6€/kg carcasse). L’accord, signé entre la FNSEA, la Fédération nationale bovine et le groupe Bigard, accordait une hausse de 0,05€/kg carcasse pour la semaine en cours. La Coordination rurale parle, elle, d’« éleveurs humiliés », dans un communiqué de presse du 16 novembre et la Confédération paysanne est revenue bloquer l’abattoir de Quimperlé du groupe Bigard six jours après l’accord. « 5 cts d’euros par Kg de carcasse est une véritable insulte infligée au monde de l’élevage », souligne le Modef qui considère comme « nul » ce montant. « Il ne couvre même pas la baisse de la viande de ces derniers mois sans même parler de l’augmentation actuelle des aliments ».

Une interprofession en échec

La Coordination rurale relève « l’échec de l’interprofession bovine dans sa mission fondamentale de dialogue et de négociation » et demande le « respect du pluralisme syndical » avec « la participation de la Coordination rurale aux débats à Interbev ». La Confédération paysanne lèvera le blocage de l’abattoir le 17 novembre au matin, à la suite d’une rencontre avec le médiateur Loïc Gouëllo, nommé par le ministre de l’Agriculture pour faciliter la résolution du conflit. Selon Gérard Durand, secrétaire général de la Confédération paysanne Pays-de-Loire, « nous revendiquons une année blanche au niveau des annuités d’emprunts, un aménagement des charges sociales, le versement du solde de la prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes (PMTVA) de juin 2011 en décembre 2010 et une hausse de 0,6€/kg de carcasse étalée sur six semaines. » Pour lui un engagement des pouvoirs publics reste primordial. Le médiateur, rencontré le 17 novembre par la Confédération paysanne, a accepté de les tenir informés des avancées des décisions de l’interprofession. Gérard Durand reprend : « Si au 15 décembre, rien n’a évolué dans les propositions que nous avons faites alors nous reconstruirons un rapport de force pour une action plus longue et plus déterminée ». Le 19 novembre, Bruno Le Maire rencontrera la Coordination rurale et la Confédération paysanne pour aborder, entre autres, le sujet de la viande bovine.

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