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Biodiesel L’accord interprofessionnel sur le diester difficile à expliquer sur le terrain

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Complexe, l’accord sur la rémunération du diester conclu mi-décembre au sein de l’interprofession se révèle difficile à faire passer sur le terrain, comme l’a montré la réunion régionale organisée par Proléa le 17 mars à Auxerre.

En réunion régionale à Auxerre le 17 mars, Xavier Beulin, président de Proléa, ne s’en est pas caché : si l’accord interprofessionnel sur le diester conclu mi-décembre pouvait être simplifié dans trois ans, il en serait ravi. De fait, la formule 2010-2013 est complexe. Présentée une première fois le 1er mars dans le cadre du Salon de l’agriculture, elle se découpe en trois niveaux. Première marche, l’engagement triennal : le collecteur engage sur trois ans un tiers de sa collecte d’oléagineux et le producteur, un tiers de ses surfaces. Cet engagement est rémunéré par une prime. L’OS qui s’engage avec ses adhérents percevra 14 euros/t dont il devra reverser 10 euros/t au moins aux producteurs. S’il n’a pas les agriculteurs avec lui, il ne recevra que 11 euros/t à répartir comme il le souhaite.

Un tiers des surfaces minimum et… maximum
Pour éviter les effets d’aubaine liés à la prime de 10 euros/t, celle-ci ne sera versée au producteur que sur un tiers de ses surfaces au plus. L’engagement porte donc sur un tiers de la sole au minimum… Mais également au maximum. Bien sûr, l’agriculteur pourra toujours contractualiser au-delà de ce pourcentage, mais sans avoir de certitude sur le soutien. « Il nous a fallu trouver un dispositif un peu compliqué, afin que la prime de contractualisation ne permette pas à un OS d’aller chercher des fournisseurs chez le collecteur d’à côté », a souligné Xavier Beulin, précisant que les craintes à ce sujet s’étaient révélées plus vives chez les coopératives que chez les négoces. Une possibilité facilitée par la multitude de méthode de rémunération du colza diester : certains OS ont opté pour un prix unique, que le colza soit alimentaire ou énergétique, d’autres ont conservé deux prix, et d’autres proposent des panachages.

95 % du prix à terme entre 250 et 290 euros/t
Le deuxième niveau du contrat concerne la rémunération à proprement parler de la graine. Celle-ci devra être au moins égal à 95 % d’une moyenne calculée sur le marché à terme. Sauf que la flambée des prix de 2007 ayant laissé des traces au même titre que la crise actuelle, un filet de sécurité est mis en place. La garantie de 95 % sera valable entre 250 et 290 euros/t. En-dessous de 210 euros/t, elle montera à 100 %, le passage de 95 à 100 % étant progressif entre 250 et 210 euros/t. Et au-delà de 360 euros/t, le minimum garanti au producteur tombera à 90 %, de manière également progressive. « Nous voulions un décalage de l’échelle de 50 euros/t vers le haut », regrette Pascal Demay, responsable collecte chez Dijon céréales.
Troisième élément du prix : la prime de marché, fonction du site d’affectation de la graine. Il s’agit d’être « plus en phase avec les marchés alimentaires et d’attirer les grains là où l’on en a besoin », a remarqué Antoine Morin, responsable contractualisation chez Diester industrie. Le grain envoyé à Sète sera par exemple payé plus cher que celui partant pour Rouen. Pour le moment, le montant de cette prime n’est pas déterminé. Reste que pour beaucoup d’opérateurs, le compte n’y sera pas pour les producteurs, compte tenu de la perte de l’aide aux cultures énergétiques.

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