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Lait L’accord sur le prix du lait, « catastrophique » selon l’OPL

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Lors du 4e congrès annuel de l’OPL (Organisation des producteurs de lait), la branche lait de la Coordination rurale, le 31 mars à Vire dans le Calvados, son président, Daniel Condat, a critiqué l’accord conclu la veille entre producteurs et industriels sur le prix du lait. Et défendu l’idée d’une régulation des volumes au niveau européen.

«L’accord d’aujourd’hui sur le prix du lait ne nous apportera pas 55 euros pour 1 000 litres mais plutôt 20. L’année prochaine, il va manquer 35 euros », a déclaré Daniel Condat, président de l’Organisation des producteurs de lait (OPL) à l’occasion du 4e congrès annuel de la branche lait de la Coordination rurale, le 31 mars à Vire dans le Calvados. « Cet accord nous fait travailler encore à perte. C’est catastrophique (…) Je n’ai vu dans les propos des industriels que de l’insolence », a-t-il poursuivi. À ce propos, le député européen du Front de gauche, Patrick Le Hyaric, invité à intervenir a renchéri : « La discussion qu’il y a eu hier avec le gouvernement, la fédération des industries laitières (privée avec la Fnil et coopératives avec la FNCL) et la fédération des producteurs laitiers, c’est un véritable attrape-couillon (…) un prétendu accord qui pourrait augmenter le prix du lait de 5 à 9%. (…) La vérité c’est que le prix du lait en avril va être de 273 euros la tonne alors que lors de l’accord signé au mois de juin il était à 280 euros. L’année dernière à la même époque, le lait était à 340 euros et l’année d’avant à 386 euros. Donc on est en train de tromper le monde ! » Un soutien politique très apprécié par les adhérents présents au Congrès. « On s’entoure des gens non issus du milieu agricole et qui confortent nos thèses. Ils apportent une caution à nos idées », indique Daniel Condat.

Un office du lait encore en projet
Des idées comme celle de la création d’un office du lait national et d’un office du lait européen visant à réguler le marché, inspirés tous deux du modèle canadien (regroupant producteurs, transformateurs, distributeurs et associations de consommateurs au sein d’un office permettant un contrôle de la production et une répartition de la valeur ajoutée) ont été évoquées. « S’il y a trop de lait, le prix baisse. Dans ce cas de figure, l’office demanderait une diminution de la production pour faire remonter les prix. Cela se ferait tous les trimestres, ce qui permettrait plus de réactivité que les quotas (annuels). Le prix serait déterminé par l’observation des coûts de production », explique Daniel Condat. Une proposition dans le sens d’une régulation, principe soutenu par l’économiste Marcel Mazoyer et par le député européen du Front de gauche Patrick le Hyaric. À ce propos, ce dernier a également rappelé aux producteurs présents lors du congrès la nécessité de se faire entendre au niveau des institutions européennes.

La nécessité d’un prix minima
« Il n’y a pas d’autres solutions, à mon avis, que de revenir à un prix de base minimum intra-européen rémunérateur, a proposé le parlementaire. Nous n’avons pas tous les mêmes conditions de production partout. Il faut trouver un mécanisme qui permette, partout, de rémunérer le travail paysan. Et par contre on peut dire qu’à un certain moment, au-delà d’une certaine quantité de production, le prix pourrait être dégressif voire au cours du marché. Mais il n’y a pas de solutions sans qu’on revienne au prix. » Autant de propositions qui ont amené Daniel Condat à conclure que le travail à faire était encore important. « On va aller chercher notre dû avec les dents s’il le faut, a-t-il déclaré. Je vous promets qu’au mois de juillet, si on nous pond une mesure pour nous soumettre à la volonté des industriels, je vous préviens que nos laiteries vont avoir chaud aux fesses. L’insolence a des limites. »

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