Industriels et producteurs de lait sont parvenus, lors de la rentrée interprofessionnelle, à un accord à l’arraché, qui se traduit en 2004 par une baisse du prix du lait inférieure au niveau souhaité par les transformateurs. Le nouveau système permettra cependant de limiter, au cours des trois prochaines années, l’écart de prix entre la France et ses grands concurrents européens.
Soucieux d’améliorer leur compétitivité au regard de leurs grands concurrents laitiers européens, qui paient leur matière première moins cher, les industriels français espéraient en 2004 se remettre à niveau en appliquant une baisse des prix de 11,3 euros en moyenne pour 1000 litres de lait. Après l’accord national dégagé le 2 septembre avec des producteurs pour le moins déterminés à ne pas voir leurs revenus baisser, ils devront se contenter d’une diminution moyenne annuelle de 9,4 euros cette année. En échange, ils bénéficieront de la garantie d’une limitation automatique de l’écart entre le prix pratiqué en France et celui des pays voisins.
L’écart jugé « supportable » avec le prix du lait appliqué en Allemagne ayant été estimé à 4 euros pour 1000 litres, dès lors que cette barre sera franchie, s’opèrera un réajustement automatique, explique-t-on. Ce système mécanique, sorte de « serpent monétaire laitier », qui entrera en vigueur l’an prochain et courra jusqu’en 2007, présente l’avantage de couper court aux discussions ayant trait aux indicateurs, et de redonner de la visibilité aux transformateurs pour les trois années à venir. Le compromis en vaudrait donc bien la chandelle.
Valeur de recommandation
Pour autant, cet accord, comme celui de 1997 d’ailleurs, n’a valeur que de recommandation. Il n’est donc pas exclu que certains transformateurs choisissent de ne pas le suivre, en particulier les fabricants de beurre et de poudre, en difficultés. Dans la mesure où ceux-ci sont impliqués dans la fabrication de produits industriels dans un pourcentage supérieur à la moyenne française (30 % pour 70 % de produits de grande consommation), ils peuvent appliquer une baisse supplémentaire de prix, calculée sur le niveau de la perte beurre/poudre. Or, l’application mécanique du nouveau système aboutit, pour 2004, à une flexibilité additionnelle de 2,7 euros, au lieu des 3 euros appliqués encore récemment.
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Certes, les marchés des produits industriels enregistrent actuellement un mieux. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer cette évolution, et notamment le retard de collecte en France et en Europe, mais qu’en sera-t-il à la fin de la campagne ? L’on évoque aussi la possibilité d’un ralentissement d’activité chez certains producteurs, sur fond de réforme de la Pac. Selon une enquête réalisée par la Sofrès il y a plusieurs mois, 15 % d’entre eux pourraient choisir, à l’horizon 2006, de se retirer. L’hypothèse demande cependant à être vérifiée par une nouvelle étude. Cela étant, en dépit de la stabilisation actuelle des cours, il est pour ainsi dire inscrit que les prix continueront à baisser dans l’avenir.
A propos du revenu des producteurs de lait, les fédérations, FNCL et Fnil, représentant les transformateurs, prennent acte que pour 2004, l’application du nouveau mécanisme conduit finalement à une baisse de prix inférieure à l’aide directe de 12,5 euros pour 1 000 litres, que l’Europe verse aux producteurs, en compensation des baisses de prix.