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Lactalis concède une hausse du prix du lait au troisième trimestre

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Les prix du lait s’échangent sur les réseaux sociaux. Un accord avec Lactalis a été enfin trouvé alors que le mois de juillet est déjà bien entamé. Mais les prix restent toujours trop bas, selon la Fédération nationale des producteurs de lait.

« Prix du lait Lactalis Juillet base 38/32 à 320 €. Août est prévu à 330 € ». Ce tweet issu du compte @prixdulait en date du 15 juillet annonce le prix du lait standard chez Lactalis pour juillet (320 €/1 000 l) avec une hausse de 10 € prévue pour le mois d’août. Une hausse qui sera fonction des négociations avec la distribution, souligne un autre tweet du même compte. Le 12 juillet, un tweet de Laurent Delaleau, éleveur dans l’Oise annonçait un prix de 330 € chez Sodiaal pour juillet. Réponse d’un autre tweetos, du 15 juillet : « Chez nous avec la sécheresse, ils pourront aller chercher du lait en Chine. Personne ne pourra acheter du stock de bouffe avec ce prix-là » pour nourrir les vaches, du fait du manque de fourrage. Mi-juin, des éleveurs avaient manifesté contre leurs coopératives afin de demander une hausse du prix du lait pour juillet (340 €/1 000 l).

20 € d’écart en fonction de la qualité

Des négociations avec Lactalis étaient encore en cours les jours précédant ces échanges de tweets sur les prix, comme le confirme un communiqué de presse du 17 juillet de l’Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis (Unell). « Un compromis a été finalement trouvé sur un prix moyen garanti du 3e trimestre à 330 € les 1 000 l (prix moyen Lactalis France - base 38-32 - flexibilité déduite), selon la répartition suivante : juillet à 320 €/1 000 l, août à 330 €/1 000 l et septembre à 340 €/1 000 l », selon le communiqué. Lactalis a annoncé le même jour, dans un communiqué, un prix du lait à 340 €/1 000 l pour juillet, 350 €/1 000 l pour août et 360 €/1 000 l pour septembre (base 41-33 - TQC - TPC). Le lait à 38 g/l de matière grasse et à 32 g/l de matière protéique est utilisé comme référence par FranceAgriMer afin de comparer les prix. Interrogé, Lactalis n’a pas voulu donner le prix correspondant à ce type de lait. « Nous avons voulu communiquer le prix que Lactalis paye réellement au producteur », a relevé Michel Nalet, directeur de la communication et des relations extérieures. D’après lui, la référence 38-32 n’est pas pertinente puisque d’autres entreprises comme FrieslandCampina utilise la référence 41-33.

Lactalis et Sodiaal dans un mouchoir de poche

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De son côté, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) estimait toujours que les prix étaient « largement insuffisants ». « Les deux leaders – Lactalis et Sodiaal – sont dans un mouchoir de poche sur la photo “finish” du prix payé aux producteurs », relevait le syndicat. Deux jours avant le début des États généraux de l’alimentation, la FNPL dénonçait la position de la distribution : « Même si elles [les enseignes de la distribution, ndlr] se disent du côté des agriculteurs, elles n’arrivent pas à sortir de leur guerre des prix bas dont les premières victimes sont les producteurs ». L’Unell comme Lactalis ont évoqué la nécessité que toutes les enseignes de la distribution accompagnent ce mouvement de hausse des prix aux producteurs, notamment pour « pérenniser l’augmentation du prix du litre de lait payé aux producteurs sur le 4e trimestre ».

États généraux de l’alimentation : la FNPL veut « un partage de la valeur avec transparence et équité »

À deux jours de l’ouverture des États généraux de l’alimentation, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a tenu à rappeler que « le principal objectif pour le secteur laitier doit être le partage de la valeur avec transparence et équité ». « La question n’est donc pas de créer toujours plus de valeur si cela ne permet pas au premier maillon de bénéficier d’un prix rémunérateur », a souligné le syndicat. Il demande donc « des avancées concrètes » à la suite de ces États généraux face à « élevage laitier qui se meurt » et une filière laitière qui représente tout de même 4 milliards d’excédents commerciaux.