La Société des caves de Roquefort (groupe Lactalis), qui est le premier producteur de « feta » en France avec la marque Salakis, devra verser 100.000 euros de dommages et intérêts à un distributeur français de feta grecque pour avoir maintenu indûment la mention feta sur certains de ses produits.
Depuis 2002, l’appellation « feta » est réservée au seul fromage de brebis en saumure produit « dans certaines régions de Grèce », les autres producteurs européens disposant de 5 ans pour modifier leur dénomination. Toutefois, l’utilisation du mot feta durant cette période transitoire n’était autorisée que pour les produits commercialisés avant 1987. Constatant en 2005 que Lactalis ne jouait pas le jeu, LR Gastronomie (devenue la société OK), qui distribuait en France la Feta Dionis produite par le Grec Hellas, l’avait assigné et dans sa décision du 17 février, le TGI de Paris lui a donné en partie raison. Le tribunal observe en effet que la Société des Caves a donné le nom de feta au Salakis allégé et au Salakis de chèvre, deux produits nouveaux, commercialisés bien après 1987.
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« La Société des caves a faussé les conditions de la concurrence avec LR Gastronomie, en accroissant de manière injustifiée la visibilité de ses produits dans les linéaires des supermarchés », a indiqué le tribunal pour justifier sa condamnation. En revanche, il a estimé que la Société des caves pouvait continuer à utiliser le terme Salakis, cette marque, ainsi que les couleurs bleu et blanc qu’elle utilise, n’étant « pas de nature à tromper le consommateur sur l’origine » du fromage.