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Produits laitiers /investissement Lactalis investit dans le fromage industriel

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Le groupe Lactalis va investir 15 millions d’euros pour faire passer de 18 000 à 45 000 tonnes la production de fromage industriel de son site de Pontivy. Comme pour l’ensemble du secteur laitier, il s’agit notamment pour le géant mayennais de reconvertir progressivement la production de poudre de lait, en perte de rentabilité depuis la réforme de la Pac, en se tournant notamment vers le marché du fromage à pizza, en croissance de 2 %. Un investissement qui survient peu après l’annonce d’un projet commun à Eurial, Terrena et Celia, visant à développer la production de mozzarella pour pizza sur le marché mondial.

Lactalis développe de nouveaux débouchés. Le groupe mayennais compte pratiquement tripler les capacités de production de fromage industriel de son site de Pontivy. 15 millions d’euros vont en effet être investis pour faire passer de 18 000 tonnes à 45 000 tonnes les volumes de fromage industriel de ce site, en doublant sa chaîne de production et en agrandissant quelque peu sa superficie.

S’adapter à la Pac

Sur le même principe que la fabrication de mozzarella, il s’agit de produire du fromage en bloc et de le destiner aux garnitures de pizza. « N ous visons le marché européen, qui pèse un peu moins de 200 000 tonnes », indique Luc Morelon, directeur des relations extérieures de Lactalis. Et contrairement aux ventes d’autres produits laitiers, stables ou en régression, le marché du fromage industriel à destination de la restauration suit celui de la pizza… et affiche une croissance de 2 à 5 % par an. Ce nouvel aménagement a donc pour but de reconvertir progressivement l’activité de transformation de lait en poudre, jusqu’à présent coeur de métier de l’usine de Pontivy. Depuis la mise en place de la nouvelle Pac, la poudre de lait doit en effet encaisser une forte perte de rentabilité et concerne d’autant plus le premier exportateur français de produit laitiers.

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Projet concurrent ?

Déjà, dans le même but, Eurial, Terrena et Celia ont noué en janvier dernier un partenariat visant à développer la production de mozzarella à destination de la pizza Cf. Agra alimentation n° 1912, du 12 janvier 2006, p. 23. Les trois groupes laitiers vont mobiliser 56 millions d’euros pour créer un site dédié en Loire-Atlantique et absorber 300 millions de litres de lait… et cherchent ouvertement un quatrième partenaire. Mais le projet reste apparemment un peu étriqué aux yeux du géant mayennais. « C’est une question de taille,explique Luc Morelon. Pour être viable, il faut passer la barre des 40 000 tonnes ». Les deux outils ne vont-ils pas se cannibaliser ? L’alliance Eurial-Celia-Terrena compte sur un financement à 40% des pouvoirs publics pour être rentable, et attend une réponse de leur part d’ici la fin juillet. Lactalis compte également demander des subventions. « Il y a largement de la place pour deux,affirme Hubert Durand, directeur de la communication et des ressources humaines d’Eurial-Poitouraine. Notre projet se situera sur un marché mondial qui pèse 2,6 millions de tonnes. Et de toute façon, l’important reste de pérenniser les débouchés de la filière lait», conclut-il.