Les réactions des syndicats agricoles, unanimement négatives, se sont enchaînées après l’annonce de Lactalis de réduire sa collecte de 8 % en France d’ici 2030, laissant plusieurs centaines d’éleveurs sans débouché.
Réagissant à l’annonce de Lactalis de réduire sa collecte de lait, la Confédération paysanne annonce, dans un communiqué du 26 septembre, qu’elle compte « saisir le médiateur des relations commerciales » et « examiner les suites juridiques à donner à cette décision ». Le syndicat dénonce une « rupture unilatérale de contrats » de la part du n°1 mondial du lait, réalisée « dans une totale opacité ». Et de plaider pour « remettre en place une régulation publique des marchés ».
« Lactalis, on ne va pas le lâcher », a déclaré de son côté Yohann Barbe, président de la FNPL (producteurs de lait, FNSEA), lors d’une conférence de presse le 1er octobre au Sommet de l’élevage. Une banderole y a été déployée près du ring des vaches laitières, selon l’AFP, proclamant : « Soutien aux victimes de Lactalis : les éleveurs laitiers abandonnés ! » « Il faut que Lactalis comprenne qu’il est en train de faire un plan social » et que cela suppose d'« accompagner » les producteurs, a affirmé M. Barbe. Et d’illustrer : dans les fermes, « tous les tanks à lait appartiennent à Lactalis, ils ne doivent pas être enlevés » tant que l’éleveur n’a pas trouvé de nouvel acheteur.
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France OP Lait veut des « mesures structurelles »
Un message relayé par la section laitière de la FRSEA de l’Ouest, qui exige de Lactalis « le maximum de souplesse » dans la mise en œuvre de son plan de réduction. Le syndicat majoritaire appelle le géant laitier à « assumer ses décisions » et à être « facilitateur, sans aucune contrepartie », en mettant en place des délais « allongés jusqu’à trouver une solution ou au contraire raccourcis » selon les situations des producteurs. « Trouver une solution [pour les éleveurs qui vont cesser d’être collectés] doit devenir un enjeu de filière, de responsabilité sociétale mais également une véritable opportunité pour les autres acteurs de la filière », estime la FRSEA.
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Quant à la Coordination rurale, elle demande sur le réseau social X « le retrait immédiat » du projet de Lactalis. « L’heure est à la mobilisation des éleveurs laitiers que nous défendons », martèle le syndicat, tout en exhortant la nouvelle ministre de l’Agriculture à « prendre une position publique claire ». Enfin, dans un communiqué du 1er octobre, France OP Lait (organisations de producteurs) réclame « des mesures structurelles pour corriger [les] déséquilibres » entre laiteries et éleveurs, ainsi que des « contrôles rigoureux et, le cas échéant, des sanctions effectives pour les industriels ne respectant pas la loi ».