Après la laiterie LSDH, c’est l’un de ses partenaires commerciaux, Faire France, qui a annoncé pouvoir intégrer des éleveurs des Pays de la Loire qui seraient lâchés prochainement par Lactalis. Terrena est également sortie du bois. Alors que l’Unell doit dévoiler prochainement son plan d’action, les engagements atteignent 150 Ml dans cette région. Aucun ne concerne l’est de la France.
À la suite de l’annonce de la réduction de la collecte de Lactalis, la marque de lait équitable Faire France annonce, dans un communiqué relayé le 17 octobre par nos confrères de Ouest-France, son projet « d’intégrer entre 30 millions et 50 millions de litres supplémentaires de lait dans ses circuits de transformation et de distribution en partenariat avec LSDH », son collecteur et conditionneur historique. Le tout dans un délai de trois ans.
Jean-Luc Pruvot précise à nos confrères que ce volume ne correspondrait pas forcément à des briques de lait supplémentaires vendues dans les rayons : « Ce serait à la place du lait APLBC » – du nom de l’organisation de producteurs avec laquelle travaille LSDH. Contrairement à FaireFrance, l’APLBC n’est pas une organisation de producteurs, mais une marque, dont les éleveurs-adhérents ne sont pas fournisseurs, pour leur très grande majorité. En attirant les anciens éleveurs de Lactalis, Faire France souhaiterait qu’ils adhèrent à l’organisation de producteurs France Milk Boad (FMB), pour construire une filière d’approvisionnement en amont de leur marque.
LSDH s’étonne
La communication étonne le président de LSDH Emmanuel Vasseneix, qui regrette, auprès d’Agra Presse, ne pas en avoir été informé : « Nous n’avons pas eu de discussion sur ce projet, je ne suis pas d’accord avec cette méthode, c’est une affaire sérieuse pour les éleveurs concernés. » Le 11 octobre, il avait lui-même annoncé pouvoir reprendre, en partenariat avec l’organisation de producteurs APLBC, « entre 50 et 60 millions de litres », soit une centaine de producteurs. Un peu plus du double serait délaissé par Lactalis dans la zone de collecte de LSDH, selon Emmanuel Vasseneix. Son usine de Cholet traite actuellement 100 millions de litres de lait, pour une capacité de 250 millions. En théorie, les deux projets peuvent cohabiter. L’enjeu résidera peut-être dans la capacité à convaincre les distributeurs. La laiterie LSDH travaille pour Faire France, mais aussi pour C’est qui le patron ? ! et plusieurs marques de distributeurs. Le président de cette OP, Jérôme Chapon, s’étonne également de cette annonce, auprès d’Agra Presse, et s’interroge sur la capacité de Faire France à commercialiser ces volumes supplémentaires. Selon Ouest-France, Faire France commercialise l’équivalent de 18 millions de litres de lait collectés, une dizaine d’années après sa création.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Quelques jours plus tard, c’est à Terrena de prendre des engagements. La coopérative a annoncé, dans un communiqué du 18 octobre, pouvoir reprendre 40 millions de litres (Ml) de lait. La coopérative propose aux éleveurs situés sur « sa zone de collecte historique », soit environ 100 km autour d’Ancenis (Loire-Atlantique), de rejoindre son organisation de producteurs. Les volumes repris seront transformés et commercialisés par la laiterie du Val d’Ancenis, filiale de Laïta (copropriété de Terrena, Even et Eureden). « Notre objectif est de contractualiser durablement et en priorité avec les producteurs de lait qui sont déjà adhérents de la coopérative pour d’autres activités ou ceux qui souhaitent le devenir », indique Christophe Miault, administrateur de Terrena. Les positions de deux laiteries sont encore attendues en Pays de la Loire : la coopérative d’Herbauges et la laiterie Saint-Père (groupe Les Mousquetaires).
Même si les annonces de reprise de volume se multiplient, difficile encore de savoir si elles suffiront à ne laisser aucun éleveur de côté. Le 18 octobre, une soixantaine d’éleveurs ont manifesté sur le site Lactalis de Retiers (Ille-et-Vilaine) à l’appel de la Confédération paysanne, qui annonce une série de mobilisations. L’Unell, l’association d’organisation de producteurs livrant à Lactalis, fait actuellement un tour des groupes laitiers français, et doit communiquer d’ici la fin du mois sur son plan de bataille. Pour l’heure, aucune annonce de reprise n’a été faite à l’intention des éleveurs de l’est de la France. Une centaine de millions de litres y est également en jeu. Présente dans presque l’ensemble de l’Hexagone, Sodiaal a déjà annoncé au journal Les Echos qu’elle ne reprendra pas les volumes laissés par Lactalis.