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Lactalis rompt les contrats des éleveurs qui ont témoigné dans Envoyé spécial

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Déjà fortement controversé, le groupe laitier Lactalis cristallise encore davantage la colère des agriculteurs, suite à sa décision, révélée le 27 janvier, de mettre fin aux relations contractuelles avec les producteurs de lait ayant témoigné dans Envoyé spécial en octobre.

Suite à la diffusion, le 13 octobre, du reportage intitulé « Lactalis : le beurre et l’argent du beurre » dans l’émission Envoyé spécial, Lactalis a décidé de rompre les contrats qui le liaient aux producteurs de lait ayant témoigné dans le reportage, annonçait Europe 1 le 27 janvier, qui s’était procuré le courrier envoyé aux agriculteurs sanctionnés. « S’il vous appartient d’être en désaccord avec notre politique d’approvisionnement en lait, celle-ci reste cependant de notre ressort et ne peut en toute hypothèse faire l’objet d’un tel dénigrement. Au regard du contexte général ayant entouré vos déclarations, nous avons pris la décision de mettre un terme à nos relations », indique le courrier.

Une décision « condamnée fermement » par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Il « rappelle que contrairement à l’argumentation développée par Lactalis, les industriels ne peuvent se considérer comme les” employeurs” des éleveurs, alors même que ces derniers supportent seuls l’ensemble des décisions et des aléas économiques inhérents à leur profession ».

Les syndicats scandalisés

André Bonnard, secrétaire général de la fédération des producteurs de lait (FNPL) a lui aussi, « indigné », « condamné cette décision », estimant que « Lactalis a fait le choix de prospérer aux dépens de ses fournisseurs – les producteurs de lait – grâce auxquels le groupe a réussi à bâtir un empire en abusant de sa position dominante ».

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La Coordination Rurale dénonce « cette rupture de contrat arbitraire et injuste » et demande à Lactalis de « revenir sur cette décision qui jette le discrédit total sur le groupe ».

La Confédération paysanne estime quant à elle que « le géant laitier fait régner la terreur et coupe des têtes pour l’exemple ». Le syndicat considère que Lactalis « ne paie pas ses éleveurs à hauteur de leurs coûts de production et […] n’imagine même pas les rémunérer pour leur travail ». Des entités départementales du syndicat ont d’ailleurs porté plainte contre ce « géant laitier pour extorsion ». Le syndicat attend désormais que « la justice et le gouvernement » mettent « fin aux agissements de la 13e fortune de France ».

« Lactalis a fait le choix de prospérer aux dépens de ses fournisseurs », selon la FNPL