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Lactalis : sanctionné en Italie, chahuté au Salon

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La même semaine, le groupe français Lactalis a été condamné en Italie pour « pratiques déloyales » sur le prix du lait, et chahuté au Salon de l'agriculture par la Confédération paysanne.

Semaine compliquée en termes d'image pour le géant laitier Lactalis. Le groupe français s’est retrouvé dans le viseur du ministère italien de l’Agriculture, qui lui a infligé une première amende de 74 000 € pour « pratiques déloyales », lui reprochant d’avoir abaissé en 2023 de manière « unilatérale » le prix du lait payé aux producteurs. Une accusation qui a été réfutée par Lactalis, dont la filiale Italatte compte faire appel de cette amende et d’éventuelles autres sanctions futures, considérant « le préjudice économique allégué comme totalement infondé », selon un communiqué du groupe du 26 février.

L’an dernier, « les modifications contractuelles proposées ont permis aux agriculteurs de gagner 40 millions d’euros » de plus qu’en 2022, soit « 10 % de plus que ce qui était initialement prévu, à un prix conforme au marché », fait valoir Lactalis. La multinationale « a profité de sa position dominante en Italie pour réviser unilatéralement les contrats conclus avec nos producteurs de lait, ce qui a entraîné une baisse de leurs revenus », avait au contraire affirmé le 24 février le ministre de l’Agriculture Francesco Lollobrigida. « Lactalis doit respecter les règles de ce pays, nos producteurs et nos coûts de production », a-t-il déclaré lors d’un forum à Saturnia (centre).

Envahissement de stand

Le lendemain, le stand du géant laitier Lactalis, où avait déjà été déversé du fumier le 24 février, a été envahi ce 27 février par des membres de la Confédération paysanne dénonçant des prix du lait trop bas. Quelques dizaines de manifestants et une vache bretonne pie noire portant sur son dos un drapeau aux couleurs du syndicat agricole, ont débarqué sur le stand vers 12H20, pour déployer des banderoles et le couvrir d'autocollants, dont «Les industriels font leur beurre sur notre dos». « Ca fait des mois, des années, que Lactalis fait des marges. C'est le premier groupe mondial laitier et ça ne ruisselle pas vers les éleveurs», a déclaré la porte-parole de la Confédération paysanne Laurence Marandola sur le stand.

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Confédération paysanne
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Lactalis, prévenu d'une possible action, avait arrêté vers 11H30 les animations sur son stand vantant les marques du groupe (Président, Société, Lactel, Bridélice...). « On reçoit beaucoup de familles, d'enfants», a expliqué une porte-parole. Un rideau de vigiles a tenté de bloquer les manifestants, mais a vite été débordé. Une brève empoignade a eu lieu quand les agents ont essayé d'empêcher les manifestants d'accrocher une banderole « Pour des prix rémunérateurs ». Les manifestants ont quitté le stand peu après 13H00, en disant qu'ils reviendraient «peut-être» et en laissant derrière eux des parois tapissées d'autocollants, vite décollés par des salariés du groupe.

AFP

« Les industriels font leur beurre sur notre dos »