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L’activité agroalimentaire enregistre un léger mieux en 2004

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Selon l’Enquête annuelle d’entreprise réalisée par le SCEES, le service statistique du ministère de l’Agriculture, l’année 2004 a été caractérisée par un léger mieux pour l’industrie alimentaire : croissance de 2,1% du chiffre d’affaires, demande intérieure stable et reprise des exportations, amélioration du résultat courant. A l’inverse, les investissements restent en baisse et, phénomène plus nouveau, l’emploi diminue également.

Le chiffre d’affaires des entreprises agroalimentaires de 20 salariés et plus progresse en valeur de 2,1 % en 2004, selon les résultats provisoires de l’Enquête annuelle du SCEES. Cette amélioration est moins marquée que dans le reste de l’industrie (+ 4,1 %). À prix constant, les ventes, qui avaient stagné en 2003, augmentent de 0,9 %. La consommation des ménages en produits alimentaires et boissons progresse au même rythme qu’en 2003 (+ 0,9 % en volume).

Contexte mondial plus favorable

Les exportations directes des entreprises agroalimentaires de 20 salariés et plus augmentent de 3,8 % en 2004. Malgré le niveau élevé de l’euro vis-à-vis du dollar, le contexte international très dynamique permet aux ventes vers l’étranger de retrouver une croissance comparable à celle de 2002. Ainsi, les exportations de l’industrie des corps gras augmentent de 6 %. Elles profitent d’un environnement porteur, avec notamment une demande chinoise en hausse pour les produits oléagineux transformés. De son côté, le chiffre d’affaires du travail du grain et des produits amylacés progresse de 6 % en 2004, soutenu par une hausse de 10 % des exportations. Les exportations directes des entreprises de fabrication d’aliments pour animaux reprennent fortement, aussi bien pour les aliments pour animaux de ferme que de compagnie. Sur le marché intérieur, la baisse des volumes vendus par l’industrie des aliments pour animaux de ferme, notamment dans la filière porcine, est compensée par la hausse des prix.

Le champagne s’exporte mieux

Dans l’industrie des boissons, les exportations reprennent également. Plus de la moitié de cette progression est due aux ventes de champagne. Particulièrement dynamiques à l’export (+ 10 %), les grandes maisons de champagne accroissent également leur activité sur le marché intérieur. Les ventes d’alcools et de spiritueux repartent à la hausse, grâce à un maintien des exportations associé à une hausse des prix. En revanche, le chiffre d’affaires reste sans grand changement dans la vinification.

La légère baisse des prix sur le marché intérieur n’a pas entraîné d’augmentation des volumes vendus en France. Le résultat courant s’améliore cependant. Après les fortes hausses des ventes d’eaux de table et de boissons rafraîchissantes dues à la canicule de l’été 2003, ces secteurs retrouvent un rythme d’activité moins exceptionnel. Les ventes totales diminuent ainsi de 2 % dans les eaux de table, malgré une progression des ventes à l’étranger de 7 %. Elles restent stables dans les boissons rafraîchissantes.

Dans l’industrie des fruits et légumes, les ventes progressent de 2%. Les volumes transformés augmentent, après la baisse en 2003, due aux conditions climatiques exceptionnelles. Le chiffre d’affaires de la filière légumière ne progresse que de 1 %, avec des exportations en recul.

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L’industrie des viandes tirée par la hausse des prix

L’augmentation du chiffre d’affaires de l’industrie des viandes résulte uniquement de la hausse des prix à la production. Dans l’ensemble, le résultat courant se redresse après deux années de baisse. Les entreprises de préparation de produits à base de viandes sont les seules à voir progresser leurs ventes en volume. Dans le secteur de la viande de boucherie, les ventes progressent de 5 %, du fait de l’augmentation des prix. En volume, la production de viandes bovine et porcine recule légèrement. La production porcine a connu une baisse inhabituelle au premier semestre 2004, la canicule de l’été 2003 ayant entraîné des difficultés de reproduction chez les truies. Néanmoins, les exportations directes s’améliorent. Les ventes des entreprises d’abattage et de découpe de volailles se stabilisent en 2004. La production continue de décroître, le maintien des ventes en valeur n’étant dû qu’à la hausse des prix. Par ailleurs, en 2004, la transformation du poisson bénéficie d’exportations en hausse, qui lui permettent de maintenir ses ventes malgré la baisse des prix sur le marché intérieur.

Augmentation de la production de fromages

Le chiffre d’affaires de l’industrie laitière reste stable en 2004. Globalement, l’augmentation des volumes vendus compense la baisse des prix. Les exportations progressent dans tous les secteurs laitiers, à l’exception de la fabrication de beurre. Dans ce secteur, les ventes diminuent dans l’ensemble, aussi bien en valeur qu’en volume. La canicule de 2003 a réduit la production de lait jusqu’au premier semestre 2004, réorientant les productions sur les fabrications à forte valeur ajoutée. Pour les entreprises de fabrication de laits concentrés et de produits dérivés du lait, la nette reprise des exportations (+ 9 %), du fait de la hausse de la demande mondiale, permet de maintenir le chiffre d’affaires. Les ventes de lait liquide se stabilisent également, les exportations compensant la baisse de la consommation des ménages français. La production de yaourts et desserts lactés marque un palier après plusieurs années de forte croissance et les résultats se dégradent. En revanche, dans le secteur des fromages, la demande intérieure et les exportations augmentent conjointement, assurant la progression du chiffre d’affaires et du résultat. Dans les industries alimentaires diverses, la croissance approche les 2 % et le résultat courant s’améliore globalement, avec des disparités selon les secteurs. L’alimentation diététique et infantile est dynamique, avec une croissance des ventes en valeur de 8 % et une progression significative des exportations. Le dynamisme est toujours grand dans la boulangerie et la pâtisserie industrielles, tant sur le marché intérieur qu’à l’exportation. La biscotterie-biscuiterie progresse également, tirée par une forte demande extérieure.

Dans la chocolaterie et la confiserie, les ventes sont stables, la dégradation des exportations étant compensée par les gains sur le marché français. La fabrication de pâtes alimentaires, la transformation de thé et de café et la fabrication de condiments et assaisonnements sont marquées par la baisse des prix, aux alentours de 2 %. Leur chiffre d’affaires en valeur reste cependant stable et progresse même de 3 % pour le thé et le café. Dans l’industrie du sucre, la faible production de la campagne 2003-2004 entraîne une baisse des ventes, principalement à l’exportation.

Les investissements toujours en baisse

Les investissements des entreprises agroalimentaires de 20 salariés et plus baissent de 1 % en 2004. La diminution est forte dans le secteur du travail des grains et de la fabrication de produits amylacés, marquant la fin d’un cycle d’investissement. Au contraire, les investissements progressent fortement dans l’industrie laitière, la fabrication d’aliments pour animaux et les boissons. Des investissements d’importance ont été aussi réalisés en 2004 dans l’industrie des viandes de volailles et la fabrication de sucre.

Recul de l’emploi

Pour la première fois depuis 1995, l’emploi salarié baisse dans les industries agroalimentaires en 2004 (- 1,3 %). Il se réduit cependant moins que dans le reste de l’industrie (- 2,7%). La diminution concerne de nombreux secteurs agroalimentaires. L’industrie des corps gras et du travail des grains, la boulangerie-pâtisserie industrielle voient toutefois les effectifs progresser d’un peu plus de 1%. En revanche, la baisse est particulièrement marquée dans l’industrie laitière et celle des viandes, notamment dans l’abattage de volailles. Elle est de près de 5 % dans la biscotterie- biscuiterie. Le recours au travail intérimaire reste globalement stable. Il augmente dans l’industrie des fruits et légumes, la production de viandes de volailles. Il diminue dans l’industrie des eaux de table et des boissons rafraîchissantes, ainsi que dans l’industrie laitière. Selon les premières informations de conjoncture, cette dégradation se poursuit au premier trimestre 2005. Le repli de la demande intérieure et extérieure, au début de l’année 2005 est à l’origine d’une baisse de l’activité.