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L'activité de LDC tirée par les acquisitions en 2018/2019

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Sur son dernier exercice 2018/2019, le groupe familial LDC a dégagé un résultat opérationnel courant de 190,1 millions d'euros, supérieur à ses attentes, pour un chiffre de 4,123 milliards d'euros. La contribution des acquisitions, mais aussi l'amélioration de l'activité à l'international, ainsi que la bonne tenue des activités traiteur expliquent cette performance. Fort d'un bilan toujours solide, le groupe volailler compte poursuivre sur sa lancée, c'est-à-dire investir dans ses outils industriels, réaliser des opérations de croissance externe et innover, en France comme à l'international.   

Sur son dernier exercice 2018/2019, le groupe familial LDC a dégagé un résultat opérationnel courant de 190,1 millions d'euros, supérieur à ses attentes, pour un chiffre de 4,123 milliards d'euros. La contribution des acquisitions, mais aussi l'amélioration de l'activité à l'international, ainsi que la bonne tenue des activités traiteur expliquent cette performance. Fort d'un bilan toujours solide, le groupe volailler compte poursuivre sur sa lancée, c'est-à-dire investir dans ses outils industriels, réaliser des opérations de croissance externe et innover, en France comme à l'international.   

Avec la régularité d'un métronome, LDC, le leader de la volaille française, vient d'annoncer une nouvelle amélioration de ses comptes annuels et même un dépassement de son objectif de résultat opérationnel courant. Sur l'exercice 2018/2019 (clos le 28 février), le chiffre d'affaires du groupe familial a pour la première fois franchi le cap des 4 milliards, pour s'établir à 4,123 milliards d'euros, soit une croissance de 7,7%. Le volume atteint 989,3 KT, en hausse de 6,9%. Une évolution en valeur essentiellement liée aux acquisitions, puisqu'à périmètre identique, les ventes progressent de 3,4%.

Le pôle volaille France (3,154 milliards d'euros de CA avec l'amont en 2018/2019), qui représente l'essentiel du chiffre d'affaires de LDC (76,5%) affiche une croissance récurrente de 5% sur les cinq dernières années. Sur l'exercice écoulé, le groupe a donc bénéficié de l'entrée dans son périmètre de Marcel Favreau (intégration 1er mars 2018), des sociétés Couthouis & Péridy (au 1er juillet 2018) et de la reprise partielle des actifs Doux (au 22 mai 2018). Des opérations de croissance externe qui ont notamment permis à LDC de diversifier ses circuits de distribution (voir tableau ci-contre), mais également de renforcer sensiblement l'activité export (+ 19%), qui occupe 10,2% de ventes. À noter en amont, le développement positif de l'activité œufs, qui affiche un chiffre d'affaires de 102 millions d'euros sur le dernier exercice (contre 89 millions d'euros un an auparavant), soit un taux de croissance annuel de 11,9% depuis 2014/2015.

Montée en gamme à l'international

Le pôle international a quant à lui fait un bond en avant de 29% (353,2 millions d'euros de CA) grâce à l'intégration de la société Tranzit en Hongrie (au 1er septembre 2018), ajoutée à "une bonne croissance en Pologne", a souligné Denis Lambert, le président de LDC tout en rappelant qu'il y a six mois, "l'activité était en retrait". En effet, sur le second trimestre de l'exercice écoulé, le chiffre d’affaires international était en baisse de 2,3% et les volumes de 4,4%. Comme prévu, LDC a donc réussi son pari de montée en gamme. "En Pologne, le poulet PAC qui représentait 70 % des volumes à notre arrivée il y a dix ans", a rappelé Denis Lambert, sont tombés à 4%, au profit des produits à valeur ajoutée et élaborés.

Marie gagne encore des PDM

Dans le pôle traiteur, le groupe continue de superformer les marchés du frais et du surgelés sur lesquels il est présent en GMS (LDC est présent sur 55% du rayon traiteur). Et surtout, l'amélioration de la rentabilité se poursuit. La marge opérationnelle courante à 0,4% en 2014/2015 est ainsi passé à 3% en 2018/2019 et dans le même temps, le chiffre d'affaires s'est apprécié de 107 millions d'euros. " 3% de marge opérationnelle courante comme nous avions prévu, mais ça n'est qu'une étape. Le pôle traiteur peut arriver au niveau de marge de la volaille, dont le taux normatif est de 5%", a pronostiqué Denis Lambert. La marque Marie (plats cuisinés, pizza...) confirme sa part de marché (+0,1 point à 5,1%) avec une croissance réalisée sur 73% en fond de rayon. Seule ombre au tableau, les pâtes à dérouler, où la concurrence est vive et le groupe est en perte de vitesse. "Un plan de relance sera présenté en novembre prochain", a assuré le dirigeant.

Un bilan toujours solide

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Fort de ces bons niveaux d'activité, le résultat opérationnel courant du groupe est supérieur aux attentes à 190,1 millions d'euros, en hausse de 2,9%. Il représente 4,6% du chiffre d'affaires total, contre 4,8% un an auparavant. Un effritement qui s'explique par la non-répercussion dans le prix de vente final, de la hausse des prix du vif et du coût de l'énergie. 

Et malgré plusieurs acquisitions l'an dernier, LDC conserve "un bilan solide pour accompagner ses projets de croissance", a souligné le directeur financier Laurent Raimbault. Sa trésorerie nette s'élève à 104,1 millions d'euros (contre 201 millions en 2017/2018). Comme par le passé, LDC continue d'investir dans ses outils industriels (196 M€ en 2018/2019), dont l'essentiel dans la volaille (67,5%) et le traiteur (14,6%), des dépenses couvertes par la capacité d'autofinancement (274,5 M€). Des investissements qui concernent également l'amont puisque LDC poursuit l'accompagnement des éleveurs au sein de sa démarche Nature d'éleveurs en Terre de France, lancée en 2017. Celle-ci vise à améliorer les conditions d'élevage de volailles, tout en mettant l'accent sur l'aspect environnemental des élevages. Déjà 40% des éleveurs sont engagés, et l'entreprise vise un objectif de 100% en 2025. À noter que sur l'exercice en cours, le montant des investissements est estimé à 195 millions d'euros.

Accompagner la mutation des marchés

Pour l'exercice en cours, le groupe, prudent, a un objectif de croissance de 5% de son résultat opérationnel courant à 200 millions d'euros. En France, tout en "intensifiant ses efforts sur les produits à valeur ajoutée et en accélérant ses positions sur la RHD avec la reconquête des importations", LDC compte également poursuivre sa stratégie de croissance externe, notamment sur ses relais de croissance que sont l'international et le traiteur. S'il pense qu"'il sera plus difficile d'augmenter les marges de LDC en France", Denis Lambert est néanmoins persuadé qu'"il y des choses à faire pour accompagner la mutation des marchés", et notamment l'avancée des repas pris hors domicile.

L'innovation reste un facteur de développement toujours important sur tous les pôles, dans le bio et le végétal notamment. Près de 30% du chiffre d'affaires à marque du groupe est réalisé sur des innovations qui n'existaient pas il y a cinq ans. Le tout soutenu par un budget communication conséquent de 16,6 millions d'euros en 2019 (17 millions d'euros en 2017).

Feu vert au rachat des abattoirs Les Volailles Rémi Ramon et Sofral

Le 23 mai 2019, l'Autorité de la concurrence a autorisé l'acquisition par LDC des deux abattoirs situés à Lassay-les-Châteaux et Javron-les-Chapelles en Mayenne, détenus par les sociétés Volailles Rémi Ramon et Sofral, une opération annoncée à l'automne dernier. L'autorité a souligné que cette autorisation "sans conditions" mais "en dépit de parts de marché parfois très élevées "s'inscrit dans le prolongement de la création d'une interprofession dans le secteur de la volaille. Elle contribuera à accroître la production de volailles françaises, sans porter atteinte ni à la situation des éleveurs ni aux intérêts des consommateurs français, face à une concurrence européenne toujours plus vive.