Les industries de la charcuterie et du traiteur ont plutôt fait preuve de résistance l’an passé mais avec des résultats financiers encore en baisse, a souligné le président Robert Volut lors des Assises de la FICT. Des efforts de communication devront être poursuivis tant sur le marché intérieur que pour regagner des points perdus à l’exportation. Et pour gagner en efficacité, la Fédération va adhérer à Adepale, l’Association des produits alimentaires élaborés.
Les Assises de la Fédération des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viande (FICT) réunies le 13 juin à Paris ont été l’occasion de faire le point sur l’activité et les projets collectifs des entreprises conduites par le président Robert Volut.
Les volumes de production ont progressé de 1,6% globalement, selon la FICT, à 1,335 million de tonnes contre 1,313 MT en 2004, avec une tendance voisine entre charcuterie (+1,6%) et traiteur (+1,8%). En charcuterie, les débouchés du circuit hors foyer (13% du total) et celui des PAI (12%) ont dû croître davantage, ces derniers étant entraînés par la croissance des plats cuisinés et par leur redémarrage en surgelés. Mais la consommation à domicile, autrement dit les achats en GMS, qui constituent le débouché principal des industriels (61% du total) a perdu 1% en volume, selon Secodip, comme l’année précédente, et 1% également en valeur.
Et cette tendance semble se poursuivre début 2006 (-0,7% au premier trimestre).
Bonne surprise en LS
Le marché du libre-service s’est pourtant bien développé, après avoir donné en début d’année des signes de faiblesse inquiétants, pour finir sur une évolution positive de +7%, supérieure à celle de l’année 2004 (+4,3%), ce qui en a fait un des segments les plus dynamiques des rayons LS. Le rayon à la coupe en revanche a tiré l’ensemble vers le bas puisque les fabrications qui lui sont dédiées ont baissé à nouveau de 4%, or ce marché compte encore 40% de l’activité des industriels, mais il pâtit d’une politique de fermeture de nombre d’ateliers à la coupe dans les supermarchés.
Le président Volut juge globalement ces résultats honorables dans un contexte de consommation alimentaire en baisse, de 0,6% selon Secodip : surtout, la charcuterie apparaît un îlot préservé par rapport aux autres produits de viande même s’il n’y a guère eu de transfert des achats quand la volaille a plongé sous le coup de la grippe aviaire.
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… mais perte de valeur
A la différence des années précédentes, les marques de fabricant ont démontré leur combativité, grâce à un regain des innovations – 119 produits nouveaux recensés en charcuterie d’après l’Institut XTC et davantage en produits traiteur – et elles ont ainsi stabilisé leur part de marché autour de 40%, mais les marques distributeur ont progressé, en particulier leurs gammes économiques et premiers prix, ce qui leur a donné une part de 43% tandis que l’on a assisté à une légère diminution du poids du hard-discount (à 17,8%). Mais l’importance prise par l’ensemble MDD économiques et premiers prix – et que l’on retrouve pareillement pour les plats cuisinés et traiteur – explique que la profession affiche une moindre progression globale de son chiffre d’affaires à 6,77milliards d’euros (+1,2%).
C’est bien sûr la dureté des négociations de prix avec la grande distribution qui est en cause, empêchant de répercuter les coûts de la matière première – or, le prix du porc est demeuré élevé et pèse la moitié des coûts en charcuterie - de même que les hausses de transport, d’emballage, etc. Conséquence directe, la rentabilité de l’industrie continue de baisser : sur un panel de 140 entreprises représentant la moitié de la profession, le cash flow moyen diminue de 3,7% à 2,8% du chiffre d’affaires charcuterie et le résultat net ressort à 1,1% seulement contre 1,5% un an plus tôt. En produits traiteur, ces ratios sont respectivement tombés de 3,9 à 3,3% et de 1,7 à 1,5%. Ceci ne pouvait pas ne pas rejaillir sur le taux d’investissement qui est à son plus bas à 2,4% du chiffre d’affaires dans les deux métiers.
Le déficit extérieur se creuse
Quant au commerce extérieur, devenu déficitaire en valeur dès 2003, il l’est aussi devenu en volume l’an passé avec des exportations en baisse de 5% à 94 672 tonnes(-2% en valeur). Souvent moins valorisées que les importations, elles laissent cette fois un solde négatif un peu plus lourd de 119 millions d’euros, signe que le marché hexagonal est friand de spécialités italiennes, espagnoles ou belges. Signe d’un début de réplique, la profession a déposé une vingtaine de dossiers d’IGP qui doivent être transmis à Bruxelles.
Adhésion à Adepale
De plus, pour repartir à l’export, des efforts de promotion vont cibler le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Russie, parallèlement à des campagnes globales financées par l’interprofession. De même sur le marché intérieur, l’adhésion depuis deux ans de l’industrie à Inaporc va permettre une deuxième campagne de communication d’1 M EUR en faveur des produits charcutiers.
La FICT, qui pour se faire mieux entendre vient de décider de rejoindre début 2007 l’ensemble des fédérations d’Adepale (conserves, traiteur frais, etc…), est aussi en alerte sur plusieurs dossiers politiques liés à la santé et à la nutrition. Elle s’oppose aux « profils nutritionnels » qui doivent accompagner la réglementation européenne prévue sur l’étiquetage : « A ce compte, ironise le président Volut, la diversité des produits de charcuterie obligerait à définir 400 profils». La profession s’oppose également aux idées de taxes nouvelles qui sortiraient du PNNS 2, sachant que déjà la publicité va être taxée à compter des prochains budgets annuels. Les industriels rappellent leurs propres efforts volontaires d’étiquetage nutritionnel (qui couvrent 60% des produits en libre-service) et aussi le travail de révision de leurs tables nutritionnelles, ou le rapport sur les teneurs en sel dont les résultats sont attendus pour la fin de l’année. Toujours par souci du consommateur, la FICT a procédé à la quatrième révision du code des usages (attendue pour l’automne) et à la mise à jour du guide de bonnes pratiques d’hygiène. Et pour ne pas négliger la recherche, elle avait créé l’association Aprivis qui va soutenir quatre programmes dont certains confiés au nouvel institut technique de filière créé entre l’ITP et une partie du CTSCCV.