L’Agence de la transition écologique voit dans les régimes moins carnés un moyen de « libérer des terres » pour faciliter l’essor de la bio et la relocalisation.
Dans une synthèse, éditée en décembre 2020, sur l’empreinte des régimes alimentaires des Français sur l’énergie, les sols et le climat, l’Ademe confirme sans détour l’intérêt de diminuer la part des protéines animales consommées. Au-delà de son intérêt sur la question climatique, conclut le rapport, « réduire la part carnée de l’alimentation permettrait de libérer des terres en France et hors de France de manière significative, de faciliter ainsi la conversion en bio des systèmes agricoles et de relocaliser des productions pour les besoins domestiques ».
Pour arriver à cette conclusion, l’Ademe a comparé trois modèles d’empreintes écologiques (Agribalyse, Solagro, Cired), qu’elle a appliqués à plusieurs types de régimes (vegan, moyen actuel, très carné) issus notamment de l’enquête Inca 2, sur les comportements alimentaires, réalisée dans les années deux mille par l’Anses auprès de quatre mille Français. Les résultats vont dans les sens des dernières études internationales : « L’importance des surfaces mobilisées est fortement corrélée au taux de protéines animales dans le régime alimentaire. » De même pour les gaz à effet de serre.
85 % de la SAU
En chiffres, cela donne ce résultat très explicite : « 85 % des 26 millions d’hectares nécessaires à l’alimentation de la population française sont dédiés à l’élevage. » Un régime végétalien (sans produits animaux) est 4,5 fois moins gourmand qu’un régime fortement carné (170 g/j). Par ailleurs, les émissions de gaz à effet de serre (GES), au stade agricole, des Français baisseraient de 5,2 % tous les 10 grammes de viande consommés en moins par jour. Cette quantité correspondrait à « environ un jour végétarien par semaine », pour le Français moyen, qui consomme 107 grammes de viande chaque jour.
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En somme, conclut l’Ademe, « les régimes alimentaires sans viande présentent toujours l’empreinte minimale au stade de la production agricole pour les trois indicateurs considérés (sol, énergie, GES) », qui excluent notamment la biodiversité. L’Agence précise que de fortes disparités existent selon le type de produits de compensation (p.ex. céréales, légumineuses ou légumes) ou leur mode de production (p.ex. serres chauffées ou non).
Enfin, les auteurs voient dans les régimes moins carnés un levier pour faciliter une augmentation de la part de bio, car les surfaces occupées par l’AB sont, à régime identique, plus étendues qu’en conventionnel : « Pour obtenir les mêmes surfaces nécessaires qu’en mode conventionnel, le consommateur bio doit manger 30 % de produits d’origine animale en moins », du fait des écarts de rendements, résument-ils.