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Nitrates bretons L’Ademe lance l’appel à projet « méthanisation agricole »

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Un premier appel à projet pour financer 20 unités de méthanisation agricoles en Bretagne dans le cadre du plan de lutte contre les algues vertes a été lancé mercredi 1er août. Mais pour que les agriculteurs se lancent vraiment, des tarifs attractifs de rachat de l’électricité produite à partir du biogaz vont devoir être mis en place. Le plan de lutte contre les algues vertes en Bretagne se met peu à peu en place.

L’Ademe Bretagne a lancé mercredi 1er août l’appel à projet « méthanisation ». L’objectif est de retenir et soutenir financièrement 20 projets de méthanisation agricole d’ici juin 2011. Cet appel à projet ne dispose pas d’enveloppe budgétaire fixée. Les projets profiteront des subventions de l’Ademe, de la région et des conditions tarifaires de rachat. Si besoin, des crédits supplémentaires seront débloqués. « Nous n’avons pas vraiment d’objectif de volume de déchets traités, explique Gilles Petitjean, directeur régional de l’Ademe, tout dépendra des projets présentés. De toute façon, nous recherchons surtout un effet démonstratif ». En effet, seuls des tarifs réglementés et incitatifs de rachat de l’électricité (produite en cogénération) pourront vraiment convaincre les agriculteurs d’investir.

Réduire de moitié l’utilisation des engrais minéraux

L’Ademe est actuellement en train d’étudier l’efficacité des tarifs et conditions de rachat proposés par le ministère du Développement durable. « C’est beaucoup plus compliqué à mettre en place que des tarifs de rachat d’électricité d’origine photovoltaïque ou éolienne pour lesquels il n’y a que quelques critères », détaille Gilles Petitjean. Pour l’électricité produite à partir de biogaz, une multitude de facteurs peuvent être pris en compte (nature de la matière première, utilisation de cultures énergétiques, valorisation de la chaleur…), les pouvoirs publics cherchent encore le bon équilibre.
L’objectif final du plan de lutte contre les algues vertes est de substituer 50% des engrais minéraux utilisés dans les huit baies concernées par les marées vertes (baies de Concarneau, Douarnenez, la Fresnaye et Saint-Brieuc, anses de Guisseny, l’Horn-Guillec et Locquirec et grève de Saint-Michel) par du digestat de méthanisation. Ce digestat qui sort des installations de méthanisation a une capacité de fertilisation bien supérieure à du lisier et il est plus facile d’utilisation. « Nous espérons convaincre les agriculteurs d’utiliser ces engrais plutôt que des ammonitrates minéraux », indique Gilles Petitjean.

Objectif : 20 unités par an

Pour les éleveurs intéressés, les dates limites de dépôt des dossiers sont fixées au 31 décembre 2010 pour la première phase, et au 30 juin 2011 pour la seconde. « Les dernières nouvelles nous font penser que plus de la moitié des projets seront sélectionnés lors de la première phase », se félicite le directeur de l’Ademe Bretagne. Cet appel à projet est ouvert à un large panel de candidatures, les projets pouvant être portés individuellement ou collectivement, et être agricoles (projets « à la ferme ») ou non (coopératives, Cuma, collectivités territoriales…). Seront privilégiées les installations destinées à traiter une majorité de déjections animales épandues initialement sur le bassin versant. La valorisation de la chaleur produite sera également un élément important, notamment pour le séchage du digestat afin qu’il puisse être exporté.
« Pour commencer à obtenir des résultats sur la teneur en nitrates des eaux, il faudra qu’au moins 200 unités soient construites en Bretagne, estime Gilles Petitjean. Nous espérons que 20 projets verront le jour chaque année ». Aujourd’hui la région compte seulement quatre installations de méthanisation agricole.

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