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L’Ademe propose des leviers pour développer la méthanisation

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La méthanisation, atout environnemental, est un outil pertinent pour améliorer les revenus des agriculteurs, selon l’Ademe. L’agence vient de publier un avis dans lequel elle identifie les freins au développement de la méthanisation et établit une liste de recommandations pour optimiser le modèle.

« La méthanisation est une filière prometteuse aux bénéfices multiples, tant en termes environnementaux […] que de diversification des activités agricoles, notamment pour les éleveurs », affirme l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) en introduction d’un avis publié le 21 novembre. Loin derrière l’Allemagne, qui compte 9 000 installations, la France comptait, en janvier 2016 « plus de 450 installations en fonctionnement ». Parmi elles, « 236 installations à la ferme et 31 installations centralisées (installation de grande taille regroupant plusieurs agriculteurs ou mobilisant et traitant les déchets d’un large territoire) ». Ces deux types d’installations constituent le « secteur le plus dynamique », note l’Ademe, avec 70 installations par an depuis 2015. L’agriculture se révèle être le secteur le plus opportun pour développer la méthanisation. « Le gisement mobilisable à l’horizon 2030 est principalement agricole », estime l’agence qui rajoute que « de nombreux projets pourraient voir le jour ». Pour cela, il convient de lever les freins au développement de l’activité.

Rentabilité

Selon une étude réalisée par l’Ademe, portant sur un panel de 80 installations françaises en fonctionnement, « le bilan économique […] est aujourd’hui positif », notamment grâce à la hausse du tarif d’achat de l’énergie intervenue en 2015. Dans le détail, l’Ademe note que « les modèles les plus performants sont la méthanisation à la ferme et les petits collectifs ». Les résultats sont « satisfaisants » pour « la petite méthanisation à la ferme » tandis que « les grands collectifs » sont davantage sujets aux difficultés, du fait notamment de la nécessité d’investissements et de charges plus importants.

Les projets de méthanisation, rappelle l’Ademe, requièrent « des investissements lourds : de 300 000 € à 15 000 000 € ». Les aides publiques sont essentielles pour financer ces projets. L’Ademe recommande donc « que les dispositifs de soutien public soient les plus stables possible pour assurer une bonne visibilité aux porteurs de projets comme aux financeurs ».

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Concertation

L’avis note que les projets de méthanisation peuvent parfois être inadaptés aux spécificités du territoire, être surdimensionnés ou entrer en concurrence les uns avec les autres. Pour éviter ces travers, l’avis préconise l’intervention des collectivités comme vecteurs de « concertation entre acteurs ». Une meilleure communication permettrait par exemple de sécuriser la ration d’intrants dès le montage du projet, en s’assurant que les installations ne soient pas en concurrence « vis-à-vis de la captation des déchets ».

L’avis relève également un déficit de communication envers le grand public. « Certains projets sont confrontés à des interrogations locales quant à leur bien-fondé. En général, ces projets n’ont pas été suffisamment expliqués et intégrés par les riverains », constate l’Ademe. Elle recommande de fait « de mettre à la disposition du grand public des informations et réponses aux a priori » sur les méthaniseurs.

En janvier 2016, la France comptait plus de 450 méthaniseurs dont 236 à la ferme ; l'Allemagne, 9000