« Inenvisageable compte tenu des risques encourus ». Dans un rapport remis récemment à Michel Barnier, l’Afssa rejette l’utilisation en France du vaccin italien contre la fièvre catarrhale ovine (FCO), seul vaccin actuellement disponible. Alors que l’Italie envisage toujours d’interdire l’importation de broutards français non vaccinés au 3 mars, une réunion est prévue à Bruxelles le même jour pour tenter de trouver une solution à cette nouvelle crise franco-italienne sur le dossier de la FCO.
«Il n’est pas envisageable compte tenu des risques encourus, tant pour la santé humaine que pour la santé animale, d’autoriser l’utilisation du vaccin produit par l’Institut de Teramo », indique l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afsaa), dans un rapport remis le 14 février, au ministre de l’Agriculture, Michel Barnier. L’Afssa constate « un niveau de carence extrême des données fournies [par le laboratoire italien] tant sur les parties qualité qu’innocuité et efficacité ». Malgré « des données insuffisantes », l’agence souligne que « l’administration d’une dose de vaccin semble induire une hyperthermie ainsi qu’une virémie (NDLR : présence du virus dans le sang) » chez les animaux.
Vaccin vivant atténué
Le vaccin vivant atténué produit par l’Institut de Teramo est le seul disponible actuellement sur le marché. Le gouvernement italien, poussé par ses syndicats agricoles notamment, menace de ne plus autoriser dès le 3 mars l’entrée sur son territoire des bovins vivants français non vaccinés. Parallèlement, les premiers vaccins français, qui sont, eux, inactivés, sont à peine disponibles. Une première vague de vaccination est prévue la semaine prochaine. Les broutards français ne pourront pas partir directement vers l’Italie avant d’attendre ensuite près d’un mois pour subir un rappel de vaccination. Depuis plusieurs semaines, les esprits s’échauffent des deux côtés des Alpes au sujet de la fièvre catarrhale ovine (FCO). Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, a rencontré le 19 février Gianpaolo Patta, secrétaire d’État à la santé en charge des questions sanitaires et vétérinaires, suite de la décision des autorités sanitaires italiennes de restreindre les échanges d’animaux de la France vers l’Italie aux seuls animaux vaccinés ». Dans un communiqué, le ministre a rappelé que la « décision italienne ne respecte pas le cadre défini au niveau communautaire pour les échanges d’animaux sensibles à la FCO par le règlement CE du 26 octobre 2007 ».
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100 à 150 000 bovins concernés
De son côté Coop de France bétail et viandes a indiqué le 27 février que « si aucune solution n’est trouvée rapidement, il n’y aura que des perdants dans cette bataille administrative et seule l’importation en provenance des pays tiers s’en sortira renforcée ». Selon la confédération des coopératives, « en Italie, un tiers de la viande consommée provient de broutards français engraissés sur place. En France, le gel des relations commerciales va se traduire par un volume d’environ 100 à 150 000 animaux qui resteront sur le territoire et pour lesquels il va falloir trouver rapidement une solution. Le contrecoup de cette situation ponctuelle de surplus pourrait se traduire par un appauvrissement de la capacité de production future ». Le 3 mars une réunion exceptionnelle est prévue à Bruxelles entre l’Italie, la France et la Commission européenne, sur demande de celle-ci, afin d’envisager une solution à cette crise.