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Grandes cultures L’AGPB pointe la chute du revenu

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Le revenu brut des exploitations de grandes cultures serait amputé de moitié en 2013 par rapport à la moyenne triennale, d’après l’AGPB. Une conséquence de l’augmentation des coûts et de la baisse des prix. Les céréaliers demandent au gouvernement d’intégrer la variabilité de leurs revenus dans la mise en place de la Pac.

À l’heure du choix sur la nouvelle Pac en France, l’AGPB (Association générale des producteurs de blé) pointe la chute du revenu brut des exploitations de grandes cultures. Il représenterait en 2013 le tiers de sa valeur 2012 et la moitié du niveau moyen sur trois ans, d’après les chiffres présentés le 17 septembre en conférence de presse. Les agriculteurs spécialisés en céréales et oléagineux auraient cette année un revenu brut « du même ordre » que celui des éleveurs de bovins, d’après l’AGPB. « La future Pac doit tenir compte de cette variabilité du revenu », a déclaré le président Philippe Pinta.
 
Des charges records
Principal facteur de baisse, les charges à l’hectare établissent un nouveau record. Elles affichent en blé +38 % depuis 2005, selon les estimations d’Arvalis. Les frais de mécanisation (448 euros/ha de Scop) et d’intrants (414 euros/ha) en sont principalement la cause. S’y ajoute un recul des prix aux producteurs, estimé à 50 euros/t en céréales et de 80 à 100 euros/t en oléagineux par rapport à 2012. Le niveau estimé pour 2013 est de 165 euros/t de blé, proche de la moyenne quinquennale. « En dix ans, les charges en blé (engrais, semences, produits phytosanitaires) sont passées de 300 à 500 euros/ha, a souligné le secrétaire général Jean-François Isambert. Les DPU (droits à paiement unique, ndlr) moyens ont perdu 70 euros/ha, les prix 50 euros/ha. »
 
Non à une Pac redistributive
L’AGPB craint de voir la situation des céréaliers empirer avec la nouvelle Pac. Particulièrement si le ministère de l’Agriculture opte pour son scénario 3, à base de paiement redistributif et de convergence intégrale en 2019. Les dangers mis en exergue par les céréaliers : une baisse brutale des paiements directs, de fortes distorsions de concurrence dans l’UE, une redistribution de crédits de la Pac à des exploitations non professionnelles, des destructions d’emplois. Parmi les scenarii envisagés, l’AGPB défend le deuxième, sans paiement redistributif, avec convergence à 60 % en 2019, une solution « progressive et plus équilibrée » à ses yeux. « Les aides à l’hectare sont notre assurance contre les aléas de la variabilité de revenu », a soutenu Philippe Pinta.
 
L’« énervement » des céréaliers
Les ajustements successifs de la Pac laissent un goût amer aux producteurs de grains. Du Bilan de santé adopté en 2008, ils retiennent un « gaspillage » : « À quoi ont servi les 700 M d’euros de transfert des aides ? », s’est interrogé Philippe Pinta. Quant à la réforme actuelle, une trop grande latitude accordée aux Etats membres revient à « déconstruire l’UE ». Une pointe d’« énervement » existe chez les céréaliers, a rapporté Jean-François Isambert. Derrière, il y a cette idée que la Pac va encore accroître la structuration de leur secteur, quand d’autres ne le sont pas assez.

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