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L’AGPM prévoit un rendement moyen en maïs de 103 q/ha

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Malgré une année particulièrement sèche et des températures élevées, les pluies régulières ont permis au maïs d’exprimer son potentiel, y compris en situation non irriguée. En revanche, les prix sont particulièrement bas, du fait d’une concurrence du Brésil et des États-Unis.

Le maïs a subi en 2017 une situation hydrique contrastée, avec un printemps très sec et des températures élevées qui ont engendré des restrictions sur les irrigations. « Heureusement, les pluies et les orages ont été bien répartis tout au long du cycle de végétation, ce qui a permis de pallier un bilan hydrique déficitaire », a expliqué Gilles Espagnol d’Arvalis, le 7 novembre, lors d’une conférence de presse de l’AGPM. Quant aux températures estivales, les cumuls depuis début avril sont supérieurs de 75 degrés jours aux normales historiques. Au final, le rendement moyen est estimé par Arvalis à 103 q/ha, ce qui place l’année 2017 dans le top 3, avec 2007 et 2011.

Les meilleurs rendements (plus de 110 q/ha) vont être observés dans le Grand Est, en Aquitaine et Midi Pyrénées. Les régions à plus faibles rendements, tout en restant au niveau de la moyenne historique, se situent en Poitou-Charentes et Rhône-Alpes. Les maïs pluviaux présentent d’excellents potentiels cette année, « grâce au progrès génétique, avec des variétés plus tolérantes au stress hydrique », a-t-il poursuivi.

Des prix bas qui plombent les chiffres d’affaires

Pour autant, le chiffre d’affaires pour les producteurs ne va pas beaucoup progresser en 2017 par rapport à 2016 car si les rendements sont meilleurs (89 q/ha en 2016), les prix de vente se sont dégradés. L’AGPM table sur un prix de vente moyen de 135 €/t contre 150 €/t l’an passé. Et les prix risquent de ne pas s’améliorer « en raison de la concurrence exacerbée des origines Brésil et États-Unis », a expliqué Mathieu Çaldumbide, directeur adjoint de l’AGPM. « Depuis juillet 2017, les importations de l’UE en provenance du Brésil ont augmenté de 72 % par rapport à la campagne passée sur la même période », a-t-il poursuivi.

Un nouveau contingent à droit zéro pour l’Ukraine

À cela s’ajoute un euro fort, ce qui a déclenché l’instauration de droits de douane aux frontières de l’UE pour le maïs, ce qui n’avait pas été le cas depuis 2014. « Ces droits de douane n’ont pas pour vocation d’empêcher les flux de maïs issu de pays tiers, mais d’éviter un effondrement du prix sur le marché intérieur », a-t-il expliqué. « Il faut absolument que ce dispositif soit préservé car c’est le dernier filet de sécurité qui nous reste, d’autant que l’UE est en cours de négociation sur le Mercosur. » Pour autant, Bruxelles poursuit l’affaiblissement du dispositif. L’AGPM regrette l’instauration d’un nouveau contingent à droit zéro de 650 000 tonnes accordé à l’Ukraine, qui entrera en vigueur en janvier 2018. « La prochaine réforme de la Pac doit être l’occasion d’ouvrir un réel débat sur les outils de gestion de crises céréalières, et la directive Omnibus est le début de la réflexion », considère l’AGPM.

Les six propositions de l’AGPM dans le cadre des États généraux de l’alimentation

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À la veille de du congrès du maïs, qui aura lieu les 22 et 23 novembre à Toulouse, Anne-Claire Vial, vice-présidente de l’AGPM, détaille les propositions du syndicat spécialisé aux EGA.

- Un ambitieux plan d’investissement dans le stockage de l’eau et une réglementation compatible ;

- Une assurance récolte revisitée, c’est-à-dire plus incitative pour les agriculteurs (directive Omnibus) ;

- Une évolution de la dotation pour aléas vers une épargne de précaution individuelle ;

- Un renforcement des moyens et de la légitimité des agences d’évaluation afin de « sortir de l’émotionnel pour crédibiliser la parole scientifique » ;

- Un engagement de l’État à combattre les distorsions de concurrence. « Va-t-on interdire les produits agricoles traités avec les molécules qui sont interdites chez nous ? », se demande Anne-Claire Vial.

- Un investissement soutenu dans la recherche publique pour répondre aux enjeux agricoles, alimentaires et de changements climatiques. « Nous sommes dans un trend d’interdiction, il va falloir en sortir pour trouver des solutions ».