Abonné

Pac L’AGPM tente d’assouplir le verdissement avec le mulching

- - 3 min

Les maïsiculteurs veulent contourner la mesure de diversité d’assolement, inscrite dans le verdissement de la nouvelle Pac. Leur parade serait d’obtenir la reconnaissance du mulching comme équivalent à une couverture hivernale des sols par culture intermédiaire.

L’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a rencontré, le 10 octobre à Bruxelles, le cabinet du commissaire européen Ciolos pour tenter d’assouplir le verdissement prévu dans la nouvelle Pac. Il s’agit d’obtenir la reconnaissance du mulching, une pratique de gestion des résidus de culture. Cette démarche vise à contourner la mesure de diversité d’assolement, inscrite dans le verdissement. Pour les exploitations de plus de 30 ha, trois cultures différentes seraient imposées avec un maximum de 75 % pour la première et de 95 % pour les deux dominantes. L’AGPM cherche une parade.
 
Un risque de 40 000 ha de maïs en moins
Première solution envisagée, la reconnaissance de la diversité des maïs (maïs semence, maïs doux, maïs grain, maïs fourrage). Elle ne pourra manifestement pas aboutir auprès des autorités européennes, s’est vue répondre l’AGPM par le cabinet du ministre Le Foll. « Pourtant, certains États membres ont obtenu une différenciation entre orge d’hiver et de printemps », argumente le président Christophe Terrain. Afin de respecter le verdissement, les 7 500 exploitations concernées devraient réduire leur surface en maïs de 40 000 ha, dont 25 000 ha en Aquitaine et Midi-Pyrénées, 8 000 ha en Alsace. « La contrainte de diversification des cultures entraînerait des difficultés à honorer certains marchés, avance-t-il. Pour une exploitation valorisant tout le maïs en aliment destiné au cheptel, introduire de nouvelles cultures signifie une rupture d’approvisionnement, des achats de matériel. »
 
« D’une mesure punitive à un geste positif »
Une alternative serait d’obtenir la reconnaissance « certifiée » du mulching. Cette technique consiste à broyer les cannes de maïs aussitôt après récolte et à les incorporer superficiellement via un passage d’outil de travail du sol adapté. Elle est pratiquée dans 20 à 40 % des cas par endroits, notamment les régions à forte densité en maïs, comme l’Alsace, le Sud-Ouest, Poitou-Charentes. Les atouts environnementaux du mulching sont démontrés, en termes de retour de la matière organique au sol, préservation des sols, réorganisation de l’azote minéral, intérêt sanitaire. Au lieu de se greffer au volet MAE (Mesures agro-environnementales) de la Pac, contraignant à cause du cofinancement, l’idée de l’AGPM est de prévoir une certification. « La pratique du mulching est équivalente à une couverture hivernale des sols par une culture intermédiaire, estime Jean-Paul Renoux, conseiller technique à l’AGPM. Obtenir sa reconnaissance reviendrait à passer d’une mesure punitive à un geste positif. » Reste à convaincre le comité d’experts européens, dont une réunion pourrait se tenir mi-octobre.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.