Les organisations agricoles de l'UE déplorent qu'aucun investissement, ou presque, concernant directement l'agriculture ne fasse partie à ce stade de la liste des quelque 2 000 projets en attente susceptibles, pour certains, de bénéficier du soutien du plan de relance 2015-2017 annoncé fin novembre par la Commission européenne.
L'agriculture doit représenter un élément clé du plan de relance de 315 milliards € pour les trois prochaines années dévoilé le 26 novembre par la Commission européenne, insistent les organisations et coopératives du secteur (Copa-Cogeca) dans une lettre adressée à l'exécutif européen (1). Elles constatent que, à ce stade, parmi les projets d'investissement recensés à titre indicatif, très peu, voire aucun, intéressent l'agriculture.
« Stimuler la compétitivité de l'économie européenne »
Le task force de l'UE sur les investissements, qui regroupe la Commission européenne, la Banque européenne d'investissement (BEI) et les États membres, a publié le 9 décembre un rapport qui recense environ 2 000 projets équivalant à près de 1 300 milliards € d'investissements potentiels, dont des projets pour plus de 500 milliards € qui pourraient être mis en œuvre au cours des trois prochaines années. De nombreux projets ne sont actuellement pas réalisés en raison d'obstacles financiers, réglementaires ou autres que le plan de relance 2015-2017 devrait aider à surmonter. Le rapport sera présenté aux chefs d'État et de gouvernement des Vingt-huit lors de leur sommet des 18 et 19 décembre.
« Il nous faut à présent évaluer ces projets et sélectionner ceux qui sont économiquement viables et peuvent le mieux stimuler la compétitivité de l'économie européenne », a précisé le président de la BEI, Werner Hoyer.
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France : énergies renouvelables et « systèmes d'irrigation économes »
Parmi la liste de projets susceptibles d'être ainsi soutenus, la France a proposé un programme visant à « garantir les investisseurs privés du secteur des énergies renouvelables contre le risque d'évolution défavorable de la réglementation ». Selon Paris, 3,6 à 5,4 milliards € de garanties seraient nécessaires pour orienter les capitaux (6 à 9 milliards € sur la période 2015-2017) vers de secteur jugé prioritaire pour l'UE.
La France évoque également un programme visant à développer les « systèmes d'irrigation économes en eau » (enterrés) et la réutilisation après retraitement de certaines eaux usées (zones littorales notamment), « afin de réduire la consommation d'eau dans l'agriculture, de limiter certains prélèvements ». Pour cet investissement, évalué à 150 millions €, l'appui escompté prendrait la forme de prêts.
(1) Voir n° 3473 du 01/12/14 et n° 3474 du 08/12/14