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L’agriculture bio : une opportunité économique, selon un mouvement d’entreprises

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Le Mene, Mouvement des entreprises de la nouvelle économie, plaide auprès des candidats à l’élection présidentielle pour un soutien fort à l’agriculture biologique. Selon lui, il s’agirait d’un levier judicieux pour l’environnement bien entendu, mais également pour relancer l’économie.

« La France est en mesure de devenir, d’ici à 2022, le premier pays producteur et consommateur de produits bio en Europe », affirme le Mene (Mouvement des entreprises de la nouvelle économie) dans son « Menefeste », un recueil de revendications rédigé par les 70 entreprises (Biocoop, Cosmebio…) et fédérations professionnelles (Federec, Centre des jeunes dirigeants…) adhérentes au mouvement né il y a un an. L’organisation présentait ses propositions le 7 mars, devant les représentants des candidats à la présidentielle du mouvement En marche (Macron), Front national (Le Pen), Debout la France (Dupont-Aignan) et de la candidate « citoyenne » Charlotte Marchandise. Parmi les sujets, entre l’énergie, le numérique ou le recyclage, se trouvait celui de l’agriculture. Pour le Mene, qui œuvre pour « une économie […] au service de l’Humain et respectueuse de l’environnement », le futur président de la République devra agir pour l’accélération du développement de l’agriculture biologique. Car ce mode de production, au-delà de contribuer à la lutte contre le changement climatique, constitue une opportunité non négligeable pour relancer l’économie et l’emploi en France.

20 % de la SAU en bio d’ici à 2022

Actuellement au troisième rang européen en surface et deuxième pour la consommation, la France est déjà bien placée en matière d’agriculture et d’alimentation biologique, estime le Mene. Mais il est possible de faire mieux. Cette filière peut devenir « un secteur économique stratégique pour la France » capable de devenir leader en la matière. Le Mene plaide pour une augmentation des surfaces cultivées en bio : 20 % de la SAU en 2022 contre 6 % actuellement, selon ses données. Pour ce faire, il appartient aux pouvoirs publics – et même aux investisseurs privés – de soutenir le développement du bio. « Il ne s’agit pas […] d’engager des dépenses supplémentaires mais de réorienter des fonds publics et en particulier les aides de la Pac », estime le Mene dans son Menefeste. Il faudrait par ailleurs « développer des outils de financement adaptés », pousser pour « l’introduction significative de produits bio dans la restauration collective publique et privée » et, au niveau européen, œuvrer pour que l’agriculture bio devienne « une priorité […] en matière de recherche, d’innovation et de soutien aux investissements ».

Des « dizaines de milliers d’emplois » à la clé

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Le Mene, qui défend une économie humaniste, reste cependant pragmatique : l’agriculture et l’alimentation bio, qui « représentent déjà un marché de plus de 7 milliards d’euros », peuvent contribuer à la relancer l’économie. Déjà pourvoyeuse de « plus de 100 000 emplois », l’agriculture bio peut être « créatrice de dizaines de milliers d’emplois non délocalisables dans les années à venir », affirme le Mene. Par ailleurs, l’utilisation de produits alternatifs aux pesticides de synthèse permettrait de diminuer les « coûts de dépollution des eaux, estimés aujourd’hui entre 1 et 1,5 milliard d’euros par an ». Et la France pourrait saisir l’occasion pour s’imposer comme le leader de la fabrication de biopesticides et biofertilisants. « En 2023, le chiffre d’affaires de cette industrie pourrait tourner autour de 15 milliards d’euros », estime Sébastien Couasnet, directeur général d’Elephant Vert, une société de biopesticides et biofertilisants adhérente du Mene. Enfin, le bio étant un marché très « dynamique » (il affiche « une croissance record de 20 % par an en chiffre d’affaires »), pousser les acteurs économiques vers le bio, « c’est leur offrir plein accès à un marché […] porteur ».

Déjà acquis à la cause du Mene, les représentants des candidats à la présidentielle ont acquiescé bien volontiers à ces arguments. Le Mene s’est engagé à faire entendre ses propositions aux absents, notamment Benoît Hamon et François Fillon.

« En 2023, le chiffre d’affaires d’industrie des biopesticides et biofertilisants pourrait tourner autour de 15 Mrd€ »