Si le nombre global d'exploitations continue de baisser en France, cette réduction est bien moins intense pour les activités en grande culture que pour l'élevage. C'est ce qui ressort des données publiées par la MSA le 30 janvier.
LE labourage prend le pas sur le pâturage. Alors que les chiffres révélés par la MSA montrent une poursuite, atténuée, de la disparition des exploitations agricoles, ce phénomène est bien plus intense pour les productions animales que pour les cultures. Au 1er janvier 2013, la France comptait, selon les critères de la MSA, 478 692 exploitations agricoles cotisant à la MSA. Cela représentait tout juste 101 000 exploitations bovines laitières ou mixtes, en réduction de 2,1% sur un an ; elle comptait aussi 79 400 exploitations de bovins à viande, en diminution de 1,3%. Côté céréales et cultures industrielles comme la betterave, leur nombre est de 82 866 en réduction de 0,6% seulement. À ce rythme, la France pourrait bientôt compter davantage de céréaliers que de producteurs de lait.
Stabilité de la polyculture-élevageLa population la plus stable est d'ailleurs celle de la polyculture élevage qui compte 60 100 exploitants, en réduction de seulement 0,1%. Figurent, parmi elle, plus d'un demi-millier de fermes qui ont changé de secteur selon la MSA, sans doute ayant retourné une part des pâturages pour faire pousser des céréales ou grandes cultures. Sans abandonner pour autant un atelier d'élevage.
Plus de 48 ans en moyenneCertaines tendances de la population agricole sont confirmées par ces chiffres. D'une part, l'âge moyen des agriculteurs continue de progresser, pour atteindre 48,4 ans en 2013 contre 48 ans l'année précédente. D'autre part, le statut de « collaborateur d'exploitation » périclite. 38 800 personnes sont dans ce cas, en réduction de 5,9%. Tandis que la surface moyenne par exploitant continue de croître (53,7 ha en moyenne contre 53,4 ha l'année précédente) plus d'un chef d'exploitation sur deux exerce son activité sous forme sociétaire. Les exploitants au réel représentent 78% de la population et 92,5% du montant global des revenus professionnels.
S'ils sont moins nombreux (478700), les exploitants embauchent davantage. La MSA indique que l'emploi des salariés agricoles confirme, ces derniers mois, sa reprise. Au 1er trimestre 2013, le nombre d'heures de travail dans les entreprises relevant du régime agricole a augmenté de 1,6% par rapport à l'année précédente. Le trimestre précédent aussi, le nombre d'heures de travail avait augmenté. Cela ne concerne pas que les saisonniers ou CDD.
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Les emplois permanents en agriculture sont en hausse de 0,6% au début 2013. Toutefois, le salaire horaire moyen progresse moins rapidement que le Smic. Deux raisons à cela : la forte rotation de l'emploi qui induit des salaires des nouveaux embauchés inférieurs à ceux qui sont déjà en place ; le ralentissement des augmentations de salaires horaires moyens consécutif au moindre recours des heures supplémentaires.
DANS une analyse évoquant « trente ans de vie économique et sociale », diffusée le 28 janvier, l'Insee aborde dès sa deuxième fiche d'analyse l'évolution de l'agriculture, constatant une mutation « de l'exploitation familiale à l'entreprise agricole ». L'institut de la statistique constate notamment la baisse du nombre d'exploitations (de 1,2 million en 1979 à 490 000 en 2010) et l'agrandissement de leur taille. Les formes sociétaires représentent 30 % du nombre des exploitations. Mais surtout, « les terres ont été redistribuées entre les différentes productions, au profit des plus rentables. La superficie des grandes cultures (céréales, oléagineux…) n'a cessé d'augmenter entre 1980 et 2000, avant de se réduire, constate l'Insee.
Cette évolution s'est faite au détriment des cultures fourragères, dont la sole a régressé de 3,8 millions d'hectares en trente ans ».