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Société L'agriculture doit « communiquer directement avec le public »

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Pour le directeur général adjoint d'Ulule, principale société de financement participatif en Europe, les agriculteurs doivent s'adresser directement au grand public et non plus par l'intermédiaire des journalistes, afin de réapprendre à expliquer leur métier et leur place dans la société.

C'est en les comparant à des laboratoires de recherche pharmaceutiques que le directeur général adjoint de la société de financement participatif Ulule s'est adressé aux agriculteurs, lors de l'assemblée générale d'Allice (coopératives d'insémination animale), le 12 février. Comme les chercheurs de ces laboratoires, les agriculteurs sont le plus souvent « complètement déconnectés du grand public, explique-t-il, ils n'ont pas de compte Facebook, ni de compte Twitter pour rendre compte de ce qu'ils font ». Il raconte que c'est en faisant appel à Ulule que des laboratoires pharmaceutiques se confrontent, de plus en plus nombreux, à la réalité suivante : « Ils sont incapables d'expliquer au grand public pourquoi il faut financer leurs projets ». On comprend à l'entendre que, pour lui, l'agriculture aurait beaucoup à apprendre en allant « chercher des citoyens » sur ces plateformes. Expliquer son projet, faire adhérer. « Cela prend du temps, mais je pense que votre boulot sera désormais de plus en plus, de communiquer directement avec le public, et non plus avec vos pairs ou des journalistes par l'intermédiaire de communiqués ».

« Aller chercher la foule »

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De fait, les sommes en jeu sur les plateformes de financement participatif ne sont pas mirobolantes, 4 000 euros en moyenne chez Ulule (le record est de 12 millions d'euros aux Etats-Unis). Mais ces petits projets permettent à des entreprises déjà en place, comme les laboratoires pharmaceutiques, de tester l'adhésion du grand public. Comme l'explique Mathieu Maire du Poset, la nouveauté apportée par ces plateformes, c'est « d'aller chercher la foule ». Le jeune entrepreneur, et ancien journaliste, remarque qu'il est aujourd'hui « très facile de susciter la peur » sur les projets agricoles. Mais il note également que les militants, qui mobilisent autour de ces peurs, font un très bon usage des outils du web, et parlent, eux, directement au grand public.