C’est un Hervé Gaymard venu en toute simplicité, à savoir sans une escorte de conseillers et attendant patiemment de monter à la tribune, qui a participé à la conférence organisée, le 28 novembre, par l’Idri (Institut du développement durable et des relations internationales) et Sciences Po. L’ancien ministre de l’Agriculture est intervenu en tant qu’expert à une table ronde, distillant « quelques brèves remarques » selon ses propres termes. « L’agriculture n’est pas un secteur économique ringard », a-t-il assuré tout en admettant que la Pac n’est pas « parfaite ».
De ministre à expert. C’est le trajet qu’a fait, en raccourci, l’ancien ministre Hervé Gaymard suite à sa démission du poste de ministre de l’Économie en février 2005 après ses déboires immobiliers. Aujourd’hui, il revient timidement sur la scène médiatique en participant à des conférences. Le 28 novembre, c’est en tant qu’expert qu’il est intervenu à une table ronde sur le thème « Commerce international et développement humain ».
Son sujet de prédilection reste l’agriculture. Toujours en verve, il assure ne vouloir faire « que quelques brèves remarques ». Il souhaite sortir « d’une idéologie simpliste» qui consiste à penser « l’agriculture est un secteur économique ringard». « Je m’inscris en faux contre ceux qui disent que l’on défend un électorat», a-t-il ajouté. De plus, l’agriculture ne peut pas être comparée à d’autres secteurs économiques. En résumé : produire des biens alimentaires ce n’est pas comme fabriquer « une paire de chaussure ». Et ce fils de cordonnier, ancien ministre de l’Agriculture, sait de quoi il parle.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Une Pac « profondément renouvelée »
Il assure que les « critiques » dont fait aujourd’hui objet la Pac ne sont pas fondées. Du moins, elles visent la Pac des années quatre-vingts alors que la politique agricole européenne a été « profondément renouvelée». Citant les détracteurs de la Pac qui font souvent référence aux excédents de produits, il enfonce le clou : « Ce n’est plus le cas ». Quant aux subventions aux exportations, « elles ont été divisées par 15 en 10 ans». Toutefois, « je ne dis pas que la Pac est parfaite », explique-t-il en regrettant « cette mise en accusation hâtive». L’ancien ministre souhaite que le round de Doha réussisse. « Il faut se concentrer sur les sujets utiles au développement» des pays pauvres souligne l’ancien ministre. Il prévient : « Le Mali, pas l’Australie ».
C’est aussi en tant que « citoyen » qu’il se pose des questions. Il dénonce certaines idées reçues. « Le commerce ne résout pas tout : c’est un moyen et non pas une fin en soi ». Il n’y a pas que le commerce pour expliquer la croissance d’un pays. Dans le commerce, il n’y a pas que les droits de douane mais aussi la stabilité monétaire et les conditions de travail, avance-t-il. L’ancien ministre regrette qu’il n’existe pas un lieu qui intègre une « globalité » comprenant les problématiques développées à l’OMC, à la Cnuced (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) et au FMI. Au passage il a cité son auteur favori, Vialate, comme au temps de ses interventions comme ministre de l’Agriculture. Il y a des choses qui durent...