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7èmes rencontres de l'association Farre L'agriculture raisonnée " n'est pas une norme pour l'éco-conditionnalité "

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Dix ans après la création de Farre, aucune exploitation n'est encore qualifiée au titre de l'agriculture raisonnée. Préalable indispensable, les premiers organismes certificateurs devraient être accrédités d'ici la mi-février. Quant au très attendu décret sur l'étiquetage, il pourrait paraître dans les tout prochains jours. Ensuite, le véritable enjeu sera de convaincre les agriculteurs d'entrer dans la démarche, laquelle génère des coût et des contraintes. Christiane Lambert a exclu que l'agriculture raisonnée puisse servir de norme pour l'attribution des aides Pac au titre de l'écoconditionnalité.

Christiane Lambert, présidente de Farre (Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement) a estimé à l’occasion des 7 e rencontres Farre le 7 janvier que l’agriculture raisonnée ne devait pas servir de norme pour les aides Pac attribuées au titre de l’écoconditionnalité. Selon elle, “l’agriculture raisonnée va au delà de la réglementation européenne”. En d’autres termes, ce n’est pas la crainte d’une amputation des aides Pac qui doit amener les agriculteurs à qualifier leur exploitation. La question de l’incitation des agriculteurs à s’engager dans cette démarche a été au cœur des discussions de la journée.

Objectif : 30% des exploitations qualifiées pour 2008 

Farre s’est donné pour objectif de voir 30% des exploitations qualifiées en 2008. L’une des meilleures solution serait de valoriser la démarche au niveau des consommateurs. Frank Riboud, p.-d.g. de Danone, y croit peu. D’après lui, “le consommateur n’est pas prêt à payer plus pour l’agriculture raisonnée” et son entreprise “ ne peut se mettre en danger de compétitivité”. Christiane Lambert se veut plus optimiste, rappelant que “lorsque une grande enseigne s’est mise à communiquer sur l’agriculture raisonnée, elle a vendu ses salades 30% plus cher. Pourquoi cela ne se reproduirait-il pas?”. Un autre moyen d’inciter les agriculteurs serait de diminuer la contribution des exploitants qualifiés au budget des agences de l’eau. Un rapport de Jean-Claude Flory, député UMP de l'Ardèche, auteur d’une mission sur les redevances des Agences de l'Eau prévoit un abattement de 10% pour les agriculteurs engagés dans la qualification en agriculture raisonnée. “ C’est un abattement de 80% que vous devrez envisager”,a lancé Mme Lambert à Roselyne Bachelot, ministre de l’Ecologie et du Développement Durable. Celle-ci lui a alors répondu, sur le ton de l’humour, qu’elle prenait ce chiffre comme “ une base de négociation”. C’est que l’agriculture raisonnée à un coût, à commencer par celui de l’audit d’exploitation, évalué à 800 euros par exploitation.

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Le Crédit agricole pourrait mettre la main à la poche 

Michel Clavé, responsable du secteur agricole au Crédit agricole, a évoqué la possibilité que la banque verte contribue aux frais d’audit à hauteur de 20%. “ Nous allons tenter d’impliquer un maximum de caisses régionales” ,a-t-il promis. A cela s’ajoutent les charges de mise en conformité, qui varient en fonction des exploitations. Il peut s’agir de la construction d’un local phyto, d’une aire couverte pour les engrais ou de l’installation d’une cuve à fuel à double paroi. Christiane Lambert souhait qu’une partie de ces frais soient pris en charge par les futurs Contrats d’agriculture durable (CAD). Reste qu’à ce jour, dix ans après la création de Farre, aucune exploitation n’est encore qualifiée. Il faut pour cela que les organismes certificateurs soient accrédités, ce qui devrait être fait d’ici la mi-février pour les trois premiers : Ulase, Aclave et Ocacia. D’ici là, les membres de Farre comptent sur la parution d’un décret sur l’étiquetage, attendus “dans les tout prochains jours”. L’agriculture raisonnée pourra bientôt être visible dans les rayons... si les agriculteurs s’y mettent.