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Climat L’agriculture sans moyens contre le changement climatique, selon la FAO

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Alors que se tenait jusqu’au 10 décembre à Cancun, au Mexique, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, la FAO a tenu à tirer la sonnette d’alarme : bien que les exemples abondent quant à la capacité du secteur agricole à se doter d'une résilience plus forte face à ce changement tout en réduisant son empreinte carbone, les mécanismes de financement font défaut.

Selon Peter Holmgren, directeur à la FAO, « les fonds, aussi bien ceux qui sont actuellement disponibles que ceux prévus, sont largement insuffisants pour relever les défis du changement climatique et de la sécurité alimentaire que doit affronter l'agriculture ».
Les inondations et les sécheresses qui se sont produites cette année dans les grands pays céréaliers ont entraîné une forte hausse des prix alimentaires, mettant en évidence la vulnérabilité à la fois des marchés agricoles et du système de production alimentaire mondial, explique la FAO. Or, ajoute-t-elle, du fait du changement climatique, de tels événements et leurs conséquences sont appelés à se reproduire plus fréquemment et avec une intensité croissante au cours des prochaines décennies.

Adaptation et atténuation

Le coût annuel de l'adaptation de l'agriculture du monde en développement au changement climatique a été estimé par la Banque mondiale à 2,5-2,6 milliards de dollars par an entre 2010 et 2050. Et, selon les projections de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, les investissements supplémentaires et les flux financiers requis par l'agriculture des pays en développement pour l'atténuation du changement climatique s'établiraient à 14 milliards de dollars par an d'ici à 2030.
L'an dernier à Copenhague, les pays développés se sont engagés, sur une base non contraignante, à allouer 30 milliards de dollars au démarrage rapide des efforts visant à aider le monde à faire face à l‘impact du changement climatique tout en réduisant les émissions de carbone dans tous les secteurs. A ce jour, quelque 28 milliards de dollars ont été promis, 2 milliards ont été déposés auprès de Fonds s'occupant du climat et 700 millions de dollars ont été effectivement déboursés.
Différents mécanismes ont été mis sur pied, mais la plupart excluent l’agriculture.

Les biocarburants en quête de reconnaissance

L’Alliance mondiale pour les carburants renouvelables (GRFA) a appelé le 8 décembre les négociateurs à Cancun à « faire ce qui n’a pas pu être fait à Copenhague et reconnaître les biocarburants comme une alternative viable aux carburants fossiles permettant de réelles réductions des émissions de gaz à effet de serre ». « Les cadres d’action futurs pour le changement climatique doivent assurer que les biocarburants puissent jouer un rôle toujours plus important pour atteindre les objectifs mondiaux », a insisté Bliss Baker, porte-parole du GRFA, dont les membres issus de 44 pays représentent plus de 65 % de la production mondiale de biocarburants.
La production de biocarburants a réduit en 2009 les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 123,5 millions de tonnes, selon les chiffres de la GRFA, ce qui représente « une diminution moyenne de 57 % comparé aux émissions qui auraient été dues à la production et l’utilisation de quantités équivalentes de carburants pétroliers ».

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