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Compétitivité L’agroalimentaire défend 11 propositions pour booster sa croissance

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L’agroalimentaire apporte sa pierre à la stratégie de Lisbonne : le lobby de l’industrie alimentaire a présenté aux responsables de l’UE un document de réflexion sur la compétitivité du secteur. Il dresse un constat sur les défis à relever : accroissement de la concurrence internationale, pression de la grande distribution, nécessité d’innover. La CIAA propose les remèdes et formule quelque 11 mesures à même de donner un nouveau souffle aux IAA.

Faut-il attendre quelque chose de l’Europe en matière de compétitivité ? Oui, répond la CIAA (Confédération des industries agroalimentaires de l’Union européenne). «  On peut encore rêver », ironise une lobbyiste ! Et le rêve du lobby agroalimentaire communautaire tient en une douzaine de propositions, faites dans un document de réflexion remis aux institutions, juste avant le débat sur la stratégie de Lisbonne, des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, lors du Conseil de printemps, les 22 et 23 mars.

« Actions urgentes »

« Il est urgent de prendre des actions et d’appliquer les bonnes réformes qui permettraient de soutenir les investissements des entreprises et dynamiser la croissance », prévient la CIAA. Les clefs pour assurer à l’industrie communautaire la « compétitivité de demain » sont, selon l’organisation, plus de R&D, une meilleure réglementation et des matières premières plus compétitives. Dans son argumentaire, la CIAA souligne que, si le secteur ne se porte pas mal, en comparaison des autres activités industrielles, il se porte moins bien que ses homologues au plan international, en Amérique latine ou en Asie notamment.

L’agroalimentaire européen perd des parts de marchés relatives, du fait de la morosité de la croissance des ventes à l’international. Elles ont chuté de 3,8 % entre 2003 et 2002. Il faut donc mettre en place des outils de suivi de la compétitivité des IAA, insiste la Confédération, des instruments qui donnent des « perspectives à long terme » pour mettre en place les politiques communautaires. Elle évoque même l’idée d’une étude en bonne et due forme qui pourrait déboucher sur un plan d’action européen pour le secteur agroalimentaire.

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Une douzaine de préoccupations majeures

La CIAA a d’ailleurs des idées assez précises sur le contenu que pourrait prendre un tel plan… Et dans son document adressé entre autres à la Commission européenne, elle balaie près de douze de ses préoccupations qui auront un impact sur sa compétitivité dans les prochaines années. Il s’agit de l’innovation, des biotechnologies, des nouveaux aliments, de la législation sur les additifs alimentaires, celle sur les allégations nutritionnelles et de santé, de l’étiquetage des denrées, de la politique intégrée des produits, de la gestion des déchets, de l’enregistrement des matières chimiques (Reach), de la politique agricole, des accords commerciaux internationaux.

« Source prometteuse d’innovation »

Sur les OGM, la CIAA indique qu’ils sont « l’une des sources d’innovation les plus prometteuses » et s’inquiète du fossé en train de se creuser entre l’UE et les autres parties du monde dans ce domaine. Elle dénonce aussi la lourdeur des procédures de mise sur le marché des nouveaux aliments et plaide pour une procédure simplifiée dans le cas des produits « substantiellement équivalents à leur équivalent conventionnel ». Dans le domaine de l’étiquetage, l’agroalimentaire espère qu’au travail d’évaluation des règles en vigueur entamé depuis 2003 suivra une simplification avec en particulier une meilleure prise en compte de l’essentiel et de l’accessoire, pour éviter l’allongement des étiquettes. Enfin, la CIAA milite pour l’extension de la liste des produits éligibles pour les campagnes de promotion des exportations sur les marchés mondiaux. Elles ne devraient pas être le pré carré des produits agricoles ou faiblement transformés mais bénéficier aussi aux produits marquetés et à forte valeur ajoutée.