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L’agroalimentaire veut de nouveaux outils de financement

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Pact’Alim, qui représente les PME et ETI agroalimentaires, estime qu’il « faudrait mobiliser en moyenne 6 M€ à 8 M€ supplémentaires par entreprise, pour moderniser l’appareil productif », sur la foi d’un rapport signé Roland Berger. L’organisation propose d’orienter différemment les financements existants.

Les PME et ETI agroalimentaires qu’on savait déjà dans une situation fragile, ont absolument besoin d’un soutien pour assurer leur modernisation de la décarbonation de leurs activités. Voilà, en bref, le message qu’a voulu faire passer le 10 octobre Pact’Alim à l’occasion d’un état des lieux des entreprises qu’il représente. Ce rapport qu’il a commandé au cabinet Roland Berger indique qu’il « faudrait mobiliser en moyenne 6 à 8 M€ supplémentaires par entreprise, pour moderniser l’appareil productif », soit un niveau d’investissement « dix fois supérieur aux investissements annuels actuels des entreprises ».

Problème, les IAA françaises souffrent de plusieurs maux : un manque d’investissement dans l’outil productif, l’âge moyen des équipements industriels de ces entreprises étant de 23 ans contre 19 ans dans l’ensemble des industries manufacturières, un écart de marge d’EBIT entre l’agroalimentaire et l’ensemble de l’industrie manufacturière qui s’est creusé de 50 % depuis 2010, et « une productivité horaire moyenne de l’agroalimentaire français inférieure de 20 % à celle des Pays-Bas, qui occupent aujourd’hui le rang de deuxième exportateur mondial. »

Mobiliser le nouveau fonds public privé

Le rapport pointe que la rentabilité du secteur pourrait passer sous la barre critique des 5 % d’ici 2030-2035, exposant les IAA à un « risque de décrochage » par rapport à ses voisins européens. Outre ce chiffrage par entreprise, le rapport signé Roland Berger identifie trois leviers à mobiliser afin de mieux financer les PME et ETI agroalimentaires. « Il faut orienter différemment les financements existants pour décarboner et moderniser les entreprises », a indiqué Jérôme Foucault, président de Pact’Alim. Pour cela, l’organisation propose que les financements alloués via le nouveau fonds public privé pour les IAA de 500 M€ soit en priorité affectés aux projets combinant décarbonation et modernisation.

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Il faut aussi créer des outils de financement comme des prêts garantis par l’État en sollicitant BPI France qui apporterait sa garantie de 50 à 80 % du risque, des prêts à taux bonifiés sur 7 à 10 ans avec un différé de remboursement, des avances remboursables de 500 K€ à plusieurs M€ étalées sur 5 à 10 ans et des obligations subordonnées sur 8 à 10 ans pour des montants de 1 à 10 M€.

Enfin, Pact’Alim souhaite créer des programmes d’accompagnement dédiés aux IAA qui s’adresseraient aux petites ETI qui rencontrent les mêmes enjeux que les PME.

CB

Les IAA exposées à un « risque de décrochage » par rapport à ses voisins européens.