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Production agricole L’agronomie apporte des solutions performantes

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L’agronomie représente-t-elle la principale voie d’avenir de l’agriculture mondiale ? L’exemple du riz Nérica en Afrique et les bons résultats de l’agriculture biologique dans les pays en voie de développement, le laissent penser.

En Afrique, une découverte agronomique peut améliorer le sort des milliers de petits producteurs (agriculture vivrière essentiellement). Ce pourrait être le cas de ce qu’on appelle là-bas le « riz miracle ». L’Adrao, un centre intergouvernemental de recherche sur le riz, a mis au point dans les années 1990 ce riz appelé Nerica (New rice for Africa), dont il existe environ 1000 variétés hybrides non stériles, en croisant des variétés anciennes de riz africain et des variétés asiatiques à haut rendement. Ce nouveau riz résiste à la sécheresse et aux parasites. Il a des rendements et une teneur en protéïnes supérieurs aux autres variétés. Même sans intrant, le Nérica peut donner de 1,5 à 2,5 tonnes à l’hectare, contre une tonne ou moins en moyenne pour les variétés traditionnelles. La teneur en protéines des variétés d’origine est de 8 % à 10 % environ, elle peut atteindre 10 à 12 % dans le cas du Nerica. Enfin, ce riz pousse plus vite (90 à 100 jours contre 120 à 140 jours pour les variétés asiatiques utilisées en Afrique de l’Ouest) et il réduit la croissance des mauvaises herbes. Le Nerica peut permettre aux paysans pauvres d’accroître leur récoltes d’au moins 50 % sans apport d’engrais et sans irrigation (c’est un riz pluvial), confirme l’ONU. En 2006, son succès est confirmé : 150 000 hectares de Nerica sont cultivés dans quatorze pays d’Afrique. Et selon l’Adrao, c’est la disponibilité des semences qui freine son développement dans l’Afrique subsaharienne.

PVD : l’agriculture biologique serait plus favorable

Des études récentes, concernant l’agriculture biologique qui utilise toutes les richesses de l’agronomie (choix de variétés locales adaptées et naturellement résistantes, utilisation des plantes pour fixer l’azote dans le sol, rotations, utilisation des prédateurs contre les parasites…), concordent pour dire que ce mode de production permettrait d’accroître la production agricole à l’échelle de la planète.

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Ainsi, une étude de l’université du Michigan s’est fondée sur 293 exemples réels pour établir un ensemble de données globales, d’une part sur le taux de rendement de l’agriculture conventionnelle et d’autre part sur le taux de rendement de l’agriculture biologique. Première observation : le taux de rendement de l’agriculture conventionnelle est supérieur à celui de l’agriculture biologique dans les pays développés mais il est inférieur dans les pays en voie de développement. En développant l’agriculture biologique dans les pays en voie de développement, on obtiendrait donc une production agricole plus importante à l’échelle de la planète.

Une autre étude de l’Institut danois des sciences agricoles se penche également sur les différences de rendements entre agriculture biologique et agriculture conventionnelle par type de culture. Ces données sont étudiées ensuite avec un modèle développé par l’IFPRI (Institut international de recherche sur les politiques alimentaires de la Banque mondiale), considéré comme le plus abouti. Les Danois arrivent à la même conclusion que l’équipe du Michigan : l’agriculture biologique augmenterait la production en Afrique, en Asie et en Amérique latine.