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Tribune libre L’aide alimentaire confrontée aux lois du marché

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La hausse des prix des matières premières agricoles provoque une grave crise pour l’aide alimentaire et rend plus difficile l’action des Banques aimentaires.

Des populations démunies en plus grande précarité

Les industriels ont annoncé et font passer des hausses de prix significatives que la distribution commence à répercuter. Ainsi le coût moyen du panier de la ménagère augmente. Ceci est déjà préjudiciable au consommateur mais ce sera encore plus grave pour les plus démunis. En effet, pour ces derniers, la part de l’alimentation dans le budget quotidien est largement supérieure à ce qu’elle est pour les ménages aisés. Les hausses de prix, en particulier sur des produits de base (lait, pain, pâtes, …) ont un effet dramatique sur les familles en difficulté.

Aujourd’hui les 4 800 associations caritatives et organismes sociaux partenaires du réseau des Banques alimentaires s’attendent à une augmentation de la précarité dans les mois qui viennent.

Nous devons en être tous conscients !

Des approvisionnements publics remis en cause

Les Banques alimentaires qui ont distribué, en 2006, 71 700 tonnes de denrées – équivalant à 143 millions de repas – bénéficient (comme 3 autres réseaux caritatifs) des programmes PEAD – Programme européen d’aide aux démunis – et PNAA – Programme national d’aide alimentaire – qui représentent environ 30 % du total des approvisionnements.

La mise en œuvre du PEAD 2007 a connu de graves difficultés cet été et aujourd’hui si la situation s’est clarifiée, l’avenir du programme reste lié à celui de la Pac. Les retards dans les livraisons du 2 e semestre 2007 ont été difficiles à gérer par les Banques alimentaires.

Les ministres – Christine Boutin en charge de la lutte contre l’exclusion et Michel Barnier pour l’agriculture – ont travaillé pour sortir de cette impasse conjoncturelle et se sont engagés à travailler à la pérennisation de ces deux programmes.

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La Commission européenne pour sa part a reconnu que « l’enveloppe PEAD devra augmenter pour intégrer les hausses des prix et l’arrivée de nouveaux membres dans l’Union ». Pour l’heure, nous avons pris acte de cet engagement commun de l’Europe et de l’Etat !

Une action volontariste et continue vers les acteurs de l’agroalimentaire

Depuis plusieurs années les Banques alimentaires ont su nouer des relations de confiance avec les producteurs, les industriels et la grande distribution qui nous ont fourni l’équivalent de 84 millions de repas en 2006. En effet, par une action quasi quotidienne, les B.A. collectent gratuitement des produits finis qui ne sont ou ne seraient plus commercialisables… mais consommables. Cette relation de confiance entre acteurs de la filière agroalimentaire et le secteur caritatif doit être développée. Si ces dernières années les tonnages collectés ont globalement progressé, aujourd’hui les B.A. mettent l’accent sur la diversification des apports avec pour objectif une alimentation équilibrée pour des personnes démunies souvent en mauvaise santé.

En s’appuyant sur une organisation associative au savoir faire quasi professionnel, nos prospecteurs bénévoles vont encore développer leur action.

Nous comptons sur la filière agroalimentaire pour répondre positivement !

« Ensemble, aidons l’homme à se restaurer »

Avant de conclure, saluons les résultats de la collecte nationale des B.A. des 23 et 24 novembre dernier. Dans une conjoncture difficile, le grand public a bien répondu : nous avons collecté au moins 9 300 T. de produits nutritionnellement indispensables. C’est une très légère baisse par rapport à 2006.

Ainsi, depuis leur création et surtout après leur congrès national d’octobre 2006, les B.A. agissent pour que l’aide alimentaire ne soit pas qu’une aide sociale en nature mais une dynamique d’accompagnement, de partage, d’aide à la (ré)insertion.

Nous formons le vœu que les lecteurs d’Agra alimentation prennent leur place dans cette chaîne de solidarité en nous aidant à travailler à la restauration de l’homme.