Passablement agacé par les critiques selon lesquelles la Commission européenne serait responsable de la forte réduction pour 2012 du programme d’aide alimentaire aux personnes les plus démunies vivant dans l’Union, Dacian Ciolos, le commissaire à l’agriculture, a estimé lors du Conseil agricole le 28 juin à Luxembourg, qu’il appartenait aux Etats membres de prendre leurs responsabilités.
La Commission européenne est favorable à la « poursuite » du programme d’aide aux plus démunis qui est « efficace et a fait ses preuves », a affirmé M. Ciolos. Depuis plus de 20 ans, plus de 18 millions de personnes bénéficient de plus de 440 000 tonnes de denrées alimentaires. Cette assistance, a fait valoir le commissaire, représente de 50 à 80 % des moyens des banques alimentaires nationales, « dire qu’elles pourraient s’en passer ne serait ni audible, ni acceptable ». L’allocation 2012 a été récemment ramenée de 500 à 113 millions d’euros du fait d’une décision de la justice européenne suite à une plainte de l’Allemagne. Si la Commission a été contrainte de prendre cette décision, c’est à cause d’une minorité de blocage de six Etats membres (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Danemark, République tchèque) qui font valoir que ce programme ne doit plus dépendre de la Pac mais de la politique sociale. La Commission a proposé « une solution » pour rétablir une enveloppe de 500 millions dès 2012 et les année suivantes, a expliqué M. Ciolos. « L’argent existe, mais la Commission ne peut pas l’utiliser si les gouvernements ne donnent pas leur feu vert », a-t-il souligné. Il a exhorté les Etats à « assumer leurs responsabilités » d’ici la fin de l’année pour qu’ils « disent publiquement s’ils souhaitent ou non poursuivre ce programme ». « S’ils ne veulent pas, qu’ils le disent aux plus démunis, qu’ils le disent aux associations caritatives », a-t-il ajouté.
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