Les pays développés se sont engagés à doubler leurs financements dédiés à l’atténuation des effets de la dérive climatique dans les pays en développement. Mais leur crédibilité est entamée par le retard pris dans leurs engagements précédents. Et le dossier de la compensation des « pertes et dommages » n’a, quant à lui, pas avancé.
Avec l’article 6, l’aide à l’atténuation faisait partie des dossiers les plus épineux. « La finance est le sujet où le manque de confiance s’est fait jour », résume Lola Vallejo, directrice du programme climat au sein de l’Iddri (cercle de réflexion) à l’occasion d’un webinaire le 16 novembre. En 2009, rappelle-t-elle, les pays développés avaient promis d’accorder 100 milliards de dollars d’aide climatique annuelle aux pays en développement dès 2020. Mais alors qu’en 2021 l’aide ne s’est élevée qu’à 83 milliards, l’enveloppe annoncée ne devrait être atteinte qu’en 2023 selon les prévisions de l’OCDE.
Un retard de trois ans qui, souligne Lola Vallejo, est d’autant plus mal perçu que l’accord issu de la Cop 26 impose désormais aux États de réviser leurs engagements d’émissions de manière annuelle. « La différence entre l’accélération de l’ambition sur l’atténuation et les promesses manquées sur la finance entre un fort déséquilibre qui a marqué la deuxième semaine de la Cop », observe-t-elle. Et de rappeler que les pays développés se sont malgré tout engagés à doubler leurs financements dédiés à l’atténuation. « Les États qui sont historiquement responsables du changement climatique ont préféré lancer les discussions sur les marchés du carbone, plutôt que de s’engager sur le financement de l’adaptation ou sur les pertes et dommages », regrette de son côté Maureen Jorand, chargée du plaidoyer souveraineté alimentaire et justice climatique au sein du CCFD-Terre Solidaire.
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Sans perte ni dommage
Mentionnés officiellement depuis 2007 dans les accords internationaux, les pertes et dommages correspondent « aux effets néfastes du changement climatique », dont la hausse du niveau des mers ou les événements climatiques extrêmes. Mais l’accord de Paris stipule qu’il « n’implique ni ne fournit une base pour aucune responsabilité ou compensation ». De l’avis de plusieurs observateurs, si aucun financement sur ce type de dégât n’a été explicitement annoncé à Glasgow, la Cop 26 marque malgré tout une avancée de la discussion sur le sujet. « Nous ne sommes qu’au début de ce que nous devons faire sur les pertes et dommages », a ainsi promis Frans Timmermans, le vice-président de la Commission européenne à l’occasion de la plénière du 13 novembre.