Contraindre la Commission européenne à procéder à un débat formel sur la crise laitière lors du Conseil agricole, alors que les premières décisions résultant du bilan de santé de la Pac ne seront mises en place que le 1 er avril prochain, en dit long sur le désarroi des grands pays producteurs de lait, l’Allemagne en tête. Cet Etat membre, mais également la France, la Belgique et plusieurs autres savent pertinemment que Bruxelles ne reviendra pas sur les augmentations de quotas. Celles-ci sont dûment inscrites dans la réglementation communautaire, même si, au lieu d’un atterrissage en douceur du régime laitier, l’image d’un « crash » vient à présent à l’esprit compte tenu de l’ampleur de la baisse des prix. Mariann Fischer Boel, qui entend mettre l’accent sur la nécessité de procéder à des changements structurels dans le secteur laitier et sur les mesures de gestion déjà prises par ses services pour soutenir les marchés, aura beau jeu de rappeler aux ministres de l’agriculture qu’ils ont le loisir de renoncer aux hausses de quotas programmées jusqu’à leur disparition totale en 2015. Reste que renoncer à accroître sa production, c’est « ouvrir un boulevard » aux pays très compétitifs, comme le Danemark et les Pays-Bas, qui, eux, comptent bien profiter de l’aubaine pour être encore plus présents sur les marchés.
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