La FDFSEA et les JA des Vosges ont organisé une action, le 2 février, en soutien à douze éleveurs du département qui « ne sont plus collectés en lait biologique » depuis le début de l’année 2022, du fait de « la saturation du marché ». Les producteurs de lait concernés sont des adhérents de la coopérative de l’Ermitage à Bugnéville. Leur coopérative ne transformant pas de lait bio, ils étaient collectés par d’autres laiteries (principalement des groupes Savencia et Sodiaal), via des accords d’échange de collecte. Fin 2021, ces accords ont été dénoncés par les industriels au vu de la situation sur le marché, indique la filiale de Sodiaal Monts-et-Terroirs. Et de préciser qu’elle a été contrainte d’arrêter « l’ensemble des approvisionnements externes ». « En cette période compliquée pour l’agriculture biologique, les débouchés manquent pour la filière et le nombre de conversions flambe », constatent les syndicats dans un communiqué du 1er février. Dans les Vosges, le nombre d’exploitations en lait bio a été multiplié par dix en vingt ans, passant de 40 à « presque 400 ». « Notre objectif est d’alerter l’opinion et les élus à l’approche de l’élection présidentielle » sur la situation de la filière, explique Philippe Clément, le président de la FDSEA. « Ces éleveurs ont un cahier des charges à respecter, des coûts importants sur l’alimentation. S’ils n’ont plus, en contrepartie, une valorisation en bio, on va tout droit vers des déconversions », s’inquiète Thierry Mourot de la FDFSEA 88. Pour développer de nouveaux débouchés, il demande au gouvernement « de s’engager sur le respect de la loi Egalim qui prévoit 20 % de bio dans les approvisionnements de la restauration collective ».
« On va tout droit vers des déconversions »
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