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Lait : bon revenu 2008 mais une baisse en 2009

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«Oui, l’année laitière 2008 sera bonne pour les producteurs » a affirmé, le 6 novembre, Vincent Chatellier, économiste de l’Inra de Nantes lors du séminaire d’Arvalys sur le maïs fourrage. « Ces bons revenus pour le secteur laitier en 2008 s’expliquent par un prix du lait payé aux producteurs d’environ 355 euros/1000 litres en août, explique-t-il. À ce niveau de prix il faut ajouter environ 35 euros d’aides constituées par l’ADL (aide directe laitière). Ce qui nous amène à 390 euros/1000 litre ». « C’est un prix exceptionnel », résume le chercheur de l’Inra. La question est : « Est-ce que cela peut durer en pleine dichotomie des marchés entre les produits industriels et les fromages ? ». La réponse est non. Et de pointer du doigt : un prix payé aux producteurs qui était jusque-là en décalage avec la réalité des marchés.

« Effet ciseau » en 2009

Pour Alain Boulanger du réseau CER (Centres d’économie rurale), « concernant le premier semestre 2009, on s’oriente franchement vers une forte baisse du prix du lait qui pourrait effacer tout ou partie des hausses de l’année 2008 ». Cette baisse de prix sera donc « conséquente » et « interviendra au moment où les exploitations laitières connaissent d’importantes augmentations de charges (aliments, engrais, carburant) ». En conséquence, au premier semestre 2009, on va assister à « un formidable effet ciseau », analyse l’économiste. Il se traduira par « un produit d’exploitation en baisse du fait de l’effet prix du lait et de l’effet volume ». Les rallonges en volume accordées l’année dernière ne seront en effet pas reconduites cette année.

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Pour autant la France laitière a des atouts : « On accroche de la valeur ajoutée à la tonne de lait avec la production de viande bovine, de vaches de réforme, l’aide à la culture de maïs ou de céréales ». « C’est là, notre grande force », avance l’économiste de l’Inra qui insiste aussi sur la « décroissance des coûts liés aux dotations pour amortissement des investissements effectués il y quelques années ». « On a beaucoup investi dans le secteur laitier : c’est un élément fort de la puissance économique de l’économie laitière française ».