En Pays de Bray, le géant de l’agroalimentaire, qui aime à se définir comme une « multi-locale », a renégocié récemment son accord-cadre avec les éleveurs de l’OP Caplait. Il développe aussi une politique d’accompagnement sur l’installation et la décarbonation.
« La relation avec l’amont est fondamentale », a déclaré le directeur général de Danone France François Eyraud à la presse à l’occasion de la présentation, le 18 janvier, d’une nouvelle gamme de yaourts hyperprotéinés de la marque HiPRO en partenariat avec les Jeux olympiques de Paris. Ces nouveaux produits seront fabriqués à l’usine de Ferrières-en-Bray (Seine-Maritime) qui est approvisionnée par 362 exploitations laitières normandes. Entre 600 000 et 1 million de litres de lait sont réceptionnés chaque jour sur le site de Ferrières-en-Bray, « la plus ancienne laiterie Danone au monde », indique son directeur Bruno Mauduyt. Plus de 2,5 millions de pots de yaourts Activia, Gervais, Jockey, Les 2 vaches, ou encore HiPRO, sortent tous les jours des lignes de production.
Une nouvelle formule de prix
La collecte de Danone Pays de Bray représente 5 % de la production de lait normande, soit 200 millions de litres chaque année. Le géant de l’agroalimentaire veut mettre en avant son ancrage territorial et préfère se définir comme « une multi-locale ». Le partenariat établit avec les éleveurs normands est mis en avant par la laiterie. Avant même la loi Egalim, des contrats pluriannuels de cinq ans ont été mis en place dès 2010 et intègrent les coûts de production depuis 2016. Pour s’adapter à la forte inflation, la méthode de fixation du prix du lait a évolué. Les coûts de production représentent aujourd’hui « 80 % du prix », a indiqué Hubert Dion, le président de l’organisation de producteurs Caplait. La formule a été renégociée « il y a un an », précise-t-il. Dans le détail, il explique que la formule se compose de 80 % de « marché France » qui combine un indicateur de coûts de production et un indicateur de prix de vente industriel, lui-même dépendant des coûts en élevage. Les 20 % restants sont liés au marché « export » (beurre-poudre). Le rapport entre les deux composantes du prix était avant de 60/40. « Cette évolution est sage, on n’ira pas chercher le plafond, mais on n’ira pas tout au fond non plus », assure Hubert Dion. Danone fait partie des laiteries qui payent le mieux en ce début d’année 2024, d’après les relevés de la FNPL. « Nous devons faire reconnaître la valeur de nos produits sur le marché », affirme François Eyraud. Les négociations commerciales avec la grande distribution battent leur plein pour les grandes entreprises de l’agroalimentaire et les laiteries signalent des difficultés pour faire valoir la sanctuarisation du coût de la matière première agricole auprès de leurs clients.
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Installation et décarbonation
Le partenariat entre l’OP et Danone porte aussi sur l’installation et la décarbonation. Pour aider le renouvellement des générations, l’industriel a mis en place une politique de soutien à l’installation (aide financière, formation, deux semaines de prise en charge de jours de remplacement). Quelque 150 jeunes en ont bénéficié au niveau national, dont 47 du Pays de Bray depuis 2021. « On peut encore aller plus loin avec un prix maîtrisé sur les cinq premières années », plaide Hubert Dion. Dans le volet climat, Danone veut embarquer 80 % des élevages dans sa démarche d’agriculture « régénératrice » d’ici la fin de l’année, contre 60 % aujourd’hui. Les cheptels livrant à Danone ont réduit de 9 % leurs émissions de gaz à effet de serre entre 2016 et 2021.