Suivant les recommandations de médiateurs de l’administration centrale, le préfet de l’Eure a retoqué un projet d’extension d’un site d’élevage bovin lait, dont un bâtiment pouvant accueillir 1 000 têtes. Le projet devra se faire à cheptel constant.
Le préfet de l’Eure a demandé des améliorations supplémentaires, sans augmentation du cheptel pour le moment, à un projet de ferme laitière géante sur une exploitation existante à Houlbec-Cocherel, près de Vernon. « Le préfet a pris un arrêté préfectoral pour demander à l’exploitant de poursuivre le projet de modernisation et d’amélioration des conditions de fonctionnement de son exploitation […] dans le respect de la réglementation, et sans augmenter le nombre total de bovins sur le site », indique un communiqué de la préfecture reçu le 15 octobre.
Cette décision va dans le sens des conclusions de la mission des Conseils généraux de l’agriculture (CGAAER) et de l’environnement (CGEDD), rendues publiques au lendemain de cette décision. Une médiation des hauts fonctionnaires avait été proposée au préfet par les deux commanditaires, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, sans doute pour éviter un scénario similaire à celui de la Ferme des 1 000 vaches, dont le projet vient d’être abandonné – dix ans après avoir été construit, et avoir fait l’objet de multiples procédures en justice, jusqu’au Conseil d’État.
Sur de bons rails
Comme celui de la Somme, le projet de l’Eure était parti sur de bons rails administratifs. Déposé en 2017, le projet d’extension de la SCEA Pérault, qui a déjà évolué ces dernières années à la demande des autorités, avait reçu en février un « avis favorable » du Coderst « sur la base de ces nouvelles avancées », rappelle le communiqué. Mais ce projet d’agrandissement d’une exploitation située sur deux sites, à Houlbec-Cocherel et Douains, dans l’ouest de l’Eure, a suscité de vives oppositions depuis ses débuts.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Fin 2019, le commissaire enquêteur, en charge de l’enquête publique, avait rendu un avis défavorable, relevant à l’époque des « problèmes importants de voisinage » et soulignant les nuisances supplémentaires d’une éventuelle extension. Selon l’avis du commissaire enquêteur, l’agrandissement porterait « l’effectif maximum à 1 069 et 460 bêtes » (sur les deux sites), amenant à quasiment doubler les effectifs de vaches laitières par rapport à l’effectif actuel.
Les médiateurs ont proposé « une voie médiane » entre « acceptation, refus et acceptation sous conditions » suivie par le préfet : laisser l’éleveur rassembler et réorganiser ses troupeaux entre ses deux sites tel qu’il l’entend, « mais sans augmentation de la charge environnementale, mesurée en termes d’équivalents gros bétail (UGB) ». Ils espèrent ainsi « concilier le futur de cette PME dans son environnement néorural ».