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Médiation Lait de chèvre : craintes pour l’augmentation du prix

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L’ensemble de la filière caprine semblait d’accord pour appliquer la revalorisation du lait de chèvre proposée par le médiateur des relations commerciales, mais les éleveurs craignent que certaines laiteries accordent une hausse beaucoup plus faible que prévu.

Alors que le médiateur des relations commerciales avait proposé, le 31 mai 2013, « une hausse technique du prix du lait payé au producteur de 60 euros par mille litres », qui semblait être acceptée par l’ensemble de la filière, les choses pourraient être plus compliquées que prévu. Dans le secteur du lait de vache, une hausse similaire proposée par le médiateur a mis près de deux mois à être appliquée, et tout n’est pas encore réglé. Pour le lait de chèvre, on pourrait assister à un « problème d’interprétation », craint Frantz Jenot, animateur à la Fédération régionale des syndicats caprins de Charentes Poitou (Fresyca) : « On attend que l’augmentation de 60 euros s’ajoute aux hausses déjà négociées, mais apparemment certaines laiteries veulent intégrer ces hausses aux 60 euros », explique t-il. Avec 50 euros déjà passés en début d’année, plus les 60 euros du médiateur, le prix du lait de chèvre ne serait pas loin des revendications des éleveurs. Mais avec une seule hausse de 60 euros, la situation serait très différente. « On attend les réponses des laiteries, mais nous sommes inquiets au vu des premiers éléments qui nous parviennent », ajoute Frantz Jenot. « Nous étions très satisfaits de la médiation, mais à l’arrivée, ça pourrait être plus que de la déception », commente-t-il, dans un secteur où 12% des exploitations caprines ont disparu l’année dernière et où autant devraient mettre la clé sous la porte en 2013.
Dans son communiqué du 31 mai, le médiateur précise pourtant qu’il recommande une hausse technique du prix du lait payé au producteur de 60 euros par mille litres « par rapport aux conditions d’achat actuelles propres à chaque industriel ».

Les distributeurs également prévenus

La crainte porte aussi sur la partition que joueront les distributeurs. Dans un communiqué publié le 13 juin, la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (FNEC) « appelle les enseignes de la grande distribution à appliquer sans délai les recommandations du médiateur », prévenant que si elles restaient sourdes à cet appel, « les producteurs reviendront manifester dans les rayons des enseignes qui ne joueront pas le jeu ».
La FNEC rappelle que « la collecte de lait de chèvre poursuit sa baisse (- 10 % selon le dernier sondage hebdomadaire FranceAgriMer), des centaines d’exploitations caprines sont en train de disparaître et les coûts de production sont encore prévus à la hausse (indice IPAMPA lait de chèvre). Les producteurs ne peuvent plus attendre ! ».

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