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Lait de chèvre : la filière cherche à regagner la confiance des jeunes

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Dans un contexte de baisse de production, notamment faute de renouvellement suffisant des générations, les entreprises de la filière lait de chèvre cherchent à regagner la confiance des jeunes agriculteurs, après une très grave crise en 2010-2013. En Poitou-Charentes, ils bénéficient d’une image positive auprès des élèves des établissements agricoles, mais qui ne colle pas complètement aux réalités de la production régionale.

Quatre ans après une crise sans précédent, entre 2010 et 2013, qui a vu son principal bassin, le Poitou-Charentes, perdre 25 à 30 % de ses élevages, la production française de lait de chèvre n’est pas encore tout à fait remise sur pied. La preuve : depuis l’été 2016, elle fait face à une baisse de production significative, alors que la consommation est ferme, et que les prix du lait de chèvre atteignent des niveaux élevés. La production est en baisse de 6,6 % sur le premier trimestre 2017, après deux années de stagnation qui ont suivi la crise. En cause : non seulement une dégradation des conditions climatiques, mais aussi un trop faible renouvellement des générations.

« Une période de reprise de confiance nécessaire »

Le nombre d’installations a fortement baissé à cause de la crise de 2010-2013. En Poitou-Charentes, les projets sont passés d’une trentaine en 2008, à seulement seize en 2016, et treize projets identifiés pour 2017. La crise est encore dans la mémoire de nombreux agriculteurs de la région. « Il y a une période de reprise de confiance nécessaire », explique Sébastien Buyssière, spécialiste du secteur à l’Institut de l’élevage. De plus, comme le reste de la production agricole française, la filière fait face à une pyramide des âges périlleuse. En Poitou-Charentes, 50 % des éleveurs de chèvres ont plus de 50 ans et 32 % ont plus de 55 ans. Sur un petit millier d’élevages, 46 ont arrêté leur activité en 2016, et 50 arrêts sont prévus pour 2017. « Les agrandissements ne suffisent plus à maintenir la production », résume Géraldine Verdier, directrice de l’interprofession régionale, le Brilac.

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30 % des envies d’installations en Vendée et Deux-Sèvres

Depuis la fin 2016, les principales entreprises de transformation du secteur - Eurial, Terra Lacta, Lactalis et Savencia - ont toutes mis en place des plans de développement de leur production et d’aides aux jeunes qui veulent s’installer. Elles peuvent s’appuyer sur une bonne image de la production chez les jeunes dans la région, estime le Brilac. L’interprofession a mené une enquête auprès de 248 élèves des établissements d’enseignement agricole de Vendée et Deux-Sèvres. Il en ressort que l’élevage caprin représente 30 % des envies d’installation : 33 jeunes ont un projet d’installation caprin, et 41 se disent « pourquoi pas ». Parmi ces jeunes, beaucoup de jeunes femmes. Un des défis de la filière sera de faire correspondre les aspirations de ces jeunes avec les réalités, explique Géraldine Verdier. Beaucoup de jeunes femmes, notamment celles dont les parents ne sont pas éleveurs de chèvres, ont des projets d’installation en individuel et en transformation. Or, les entreprises à transmettre comportent pour la plupart des associés, et livrent leur lait… directement à des laiteries.