Malgré le travail des syndicats agricoles pour inciter à consommer français en 2015, la balance commerciale du lait de consommation reste déséquilibrée en faveur des importations. Les laits « premiers prix » en seraient à l’origine, selon Syndilait. Reste à communiquer encore et toujours pour favoriser la consommation de lait français.
En 2015, « la balance commerciale s’est légèrement dégradée », reconnaît Giampaolo Schiratti, président de Syndilait, organisation professionnelle regroupant la majeure partie des producteurs de lait de consommation, le 17 mai en conférence de presse. De fait, la hausse des importations de lait liquide sur le marché français a été de 12,8 % par rapport à 2014 alors que le niveau des exportations a reculé de 3 %. 10 % de la production de lait liquide (339 906 tonnes) ont été exportés en 2015 par les laiteries françaises notamment vers l’Espagne, l’Italie et le Portugal. Pour Giampaolo Schiratti, « la France a perdu des parts de marché à l’export. Mais elle risque d’en gagner en 2016 en Chine », vu les derniers accords économiques trouvés avec certaines entreprises chinoises. Il avoue que le niveau des importations reste élevé, dans un cadre « de guerre économique » comme le dénomme Emmanuel Vasseneix, vice-président de Syndilait, surtout sur le marché des « premiers prix ». Il se veut positif car ces importations « n’ont finalement pas explosé » comme les acteurs le craignaient. Il évoque même « une stabilisation » de ces dernières.
Mettre en avant la production française
Emmanuel Vasseneix estime que pour lutter contre ce phénomène, il faut « se battre » pour mettre en avant un « lait produit à proximité, par des gens du terroir ». De plus, selon lui, « les entreprises [de transformation, ndlr] se lancent dans l’innovation comme jamais. D’autres pays ont des productions beaucoup plus standards ». Ces produits laitiers à haute valeur ajoutée font la différence de la ferme France au niveau international. Pourtant, comme le précisera le même jour, Christophe Perrot, chargé de mission économie et territoire à l’Institut de l’élevage (Idele), lors du colloque « Attractivité des métiers de l’élevage » : « le prix payé au producteur français reste peu supérieur à celui des autres producteurs européens alors que globalement la filière laitière française dégage plus de valeur ajoutée qu’ailleurs ». Il note les charges des entreprises car qui dit transformation, dit aussi salariés, outils, etc.
Syndilait, offensif sur la communication
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Toujours du côté de la valorisation, Emmanuel Vasseneix, estime que la réglementation française est plus drastique qu’ailleurs et « commence à peser très fort sur les exploitations », sans plus-value sur le prix de vente. Face à une Europe divisée sur la stratégie laitière, il constate que « nous sommes dans une révolution agricole », avec un « modèle français traditionnel et rural » et une Allemagne qui peut « accélérer ou décélérer la production ». Il faudra choisir ! « Demain, la France ne manquera pas de lait, mais il ne sera peut-être plus français ! », observe-t-il. Cette année, Syndilait a organisé une campagne de communication offensive (film Milk Moments) pour soutenir le marché du 17 mai au 5 juin prochain. Elle participera à la troisième journée mondiale du lait avec une ouverture au public des laiteries du 21 mai au 11 juin et à la Semaine du Goût du 10 au 16 octobre.
51 litres de lait liquide consommé par Français et par an en 2015
La consommation apparente de lait liquide en France en 2015 s’établit à 51 litres par personne et par an, selon Syndilait, organisation professionnelle regroupant la majeure partie des fabricants de lait de consommation. Elle est donc en baisse de 2 % par rapport à 2014. Les consommateurs ont acheté pour 77,5 % des laits standards UHT, pour 2,5 % des laits frais et pour 20 % des laits spécifiques UHT. Ces derniers laits tirent bien leur épingle du jeu, notamment pour les laits de chèvres (+19 %), délactosés (+13,3 %), bio (+7,1 %) et aromatisés (+5,6 %), avec une hausse moyenne des achats de laits spécifiques de l’ordre de 4 %. Le lait reste un des produits phares de la grande distribution car il représente 14,1 % des produits laitiers vendus et 2 % du chiffre d’affaires de la distribution. Pour autant en 2015, ce chiffre d’affaires a diminué de 1,1 % (2,25 milliards d’euros).