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Lait et fruits et légumes à l’école : un programme efficace hors pandémie de Covid-19

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En attendant de proposer une révision du cadre législatif du programme de distribution de fruits, légumes et produits laitiers dans les écoles de l’UE, une étude souligne son efficacité à toucher un large public lors des premières années (2017-2019), la pandémie de Covid-19 ayant ensuite perturbé à partir de 2020 le fonctionnement du programme. Pour le prochain régime, l’étude recommande, entre autres, une meilleure allocation du budget.

Dans la perspective de la révision du cadre législatif du programme de distribution de fruits, légumes et produits laitiers dans les écoles de l’UE prévue en 2023, une étude commandée par la Commission européenne et publiée le 23 novembre montre une hausse (hors pandémie de Covid-19) de la part des enfants recevant à la fois des fruits et légumes et du lait/des produits laitiers, passant de 40,2 % en 2017-2018 à 54,6 % en 2020-2021. Elle se félicite dans le même temps qu’une plus grande variété de produits ait été distribuée par rapport aux deux programmes précédents. L’étude souligne également qu’environ 10 % (en moyenne) des enfants participant au programme montrent une attitude plus positive envers les fruits et légumes et le lait/produits laitiers, suite aux leçons apprises à l’école. Cela a notamment influé positivement sur leur comportement en encourageant une augmentation de la consommation de ces produits en dehors de l’école.

Un programme altéré par le Covid-19

En raison de la survenance de la pandémie de Covid-19 en 2020, l’étude souligne toutefois une nette baisse de la participation au programme scolaire de distribution de fruits et légumes. Au regard de la diminution du nombre d’enfants, les quantités totales distribuées de fruits et légumes ont ainsi diminué d’environ 22 % entre 2017-2018 et 2020-2021 (après une augmentation de 3,7 % entre la première et la deuxième année du régime actuel), tandis que les quantités totales de lait ont diminué d’environ 38 % et de manière constante tout au long de la période analysée, souligne le rapport. Outre les difficultés d’approvisionnement pendant la pandémie, d’autres facteurs ont pesé, comme les décisions nationales concernant la fréquence de distribution, la durée de la distribution, la taille moyenne des portions et la composition des produits distribués. Selon l’étude, les différences observées entre les pays de l’UE sont principalement le résultat des mesures de contrôle et des politiques de santé publique déployées par les États membres pour faire face à la pandémie.

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Budget et charges administratives

Dans le but d’améliorer le programme, l’étude recommande, à l’avenir, de réviser le mécanisme d’allocation financière à chaque État membre pour une meilleure utilisation du budget. Des mesures éducatives mieux ciblées pourraient aussi permettre d’obtenir de meilleurs résultats en impliquant davantage les enseignants, ainsi que d’autres professionnels de l’éducation et les familles. D’autres mesures pourraient être prises, explique l’étude, comme le renforcement du système de suivi spécifique pour les produits biologiques et la sensibilisation à la réduction du gaspillage alimentaire.

Lire aussi : « Lait et fruits et légumes à l’école : des eurodéputés appellent à une hausse du budget actuel »

En parallèle de cette étude, Bruxelles a également publié les résultats de la consultation publique (menée de mai à juin 2022), qui soulignent l’importance d’augmenter le budget actuel, de renforcer les mesures éducatives et de réduire la charge administrative pour les écoles participantes. Une analyse partagée par le projet de rapport de l’eurodéputé Marc Tarabella (S & D, Belgique) qui doit faire encore l’objet d’amendements de compromis avant d’être adopté formellement. Quelque 207 amendements ont été déposés. « La grande majorité va dans le bon sens », s’est félicité le 28 novembre l’eurodéputé socialiste en commission de l’Agriculture. Sur la base des résultats de l’étude, du rapport parlementaire, de la consultation publique ainsi que de l’enquête Eurobaromètre, la Commission européenne soumettra en 2023 une analyse d’impact visant à présenter de façon exhaustive les principaux axes d’amélioration du cadre législatif.