Les renégociations commerciales entre les industriels laitiers et les distributeurs ont avancé pendant l’été, mais les hausses de tarifs restent bien au-dessous des besoins exprimés par les transformateurs.
Alors que les renégociations commerciales sont encore à la traîne dans de nombreux secteurs, ça bouge pour les produits laitiers. La « grande majorité » des renégociations ouvertes avec la grande distribution ont abouti, indique le p.-d.g. de la FNIL (industriels laitiers), François-Xavier Huard. Dans un communiqué du 24 août, Intermarché a, par exemple, annoncé avoir signé des accords avec tous les transformateurs « à l’exception d’un seul d’entre eux ». Le distributeur assure avoir accepté toutes les hausses demandées au titre de la matière première agricole (MPA) et une partie pour les matières premières industrielles.
Les hausses de tarifs sur les produits laitiers – entre 6 et 8 % en moyenne – sont plus importantes que celles obtenues en mars, à la fin des négociations commerciales annuelles (autour +3,5 % à 4 %). Dans les rayons, cela se traduit par une hausse de 10 % sur un an en août pour le fromage et de 13 % sur les beurres et crèmes fraîches, selon les données de Nielsen. Cependant, les augmentations « péniblement obtenues » ne sont pas à la hauteur des attentes des industriels, explique François-Xavier Huard. « Pour couvrir les hausses de matières premières agricoles et industrielles, il faudrait être à 18 % ».
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Les producteurs demandent des retombées
La Fnil ne relâche pas la pression. Dans un communiqué du 30 août, l’organisation représentative des industriels laitiers privés demande que « les hausses légitimes de tarifs proposées par les laiteries et les fromageries soient immédiatement acceptées ». Elle insiste également sur la nécessité de mettre en œuvre « de manière urgente » les contrats déjà renégociés. « Si les industriels laitiers ont pris sur leurs propres marges au cours des derniers mois pour continuer à assurer la rémunération des producteurs, cette situation n’est plus tenable ».
À l’amont, on attend que les hausses de tarifs obtenues au titre de la MPA reviennent aux producteurs. « Ces hausses doivent revenir aux paysans avant qu’il ne soit trop tard », exhorte la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA) dans un communiqué. Le syndicat appelle les distributeurs « à suivre (l’)exemple » d’Intermarché et Système U qui ont pris publiquement des positions en faveur d’une revalorisation du prix du lait en rayon. De son côté, la FNIL met en avant l’augmentation du prix du lait payé aux producteurs : +24,5 % sur un an contre +22 % pour l’indice Ipampa (coût de production) en juillet, selon l’interprofession du lait (Cniel). « Nous n’attendons que ça, de pouvoir donner de la visibilité aux producteurs. Si le prix du lait en France est déconnecté de la moyenne européenne, c’est parce qu’il est très dépendant des prix en grande distribution, beaucoup moins réactifs que chez nos voisins », assure François-Xavier Huard. Le prix du lait a progressé de 46 % sur un an en Allemagne et de près de 45 % en Irlande, d’après les données du Cniel.